Panthéonisation de Marc Bloch : la famille ne veut pas de la présence des députés du Rassemblement national
La panthéonisation de Marc Bloch, historien de premier plan et résistant exécuté par la Gestapo en 1944 parce qu’il était juif, visait à rendre hommage à une figure majeure de la pensée et de l’engagement républicain. Elle a pourtant été marquée par plusieurs polémiques.
Publié le 24 juin 2026

L’image de Suzette Bloch, petite-fille de l’historien, posant aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, dirigeant d’un parti souvent accusé d’antisémitisme, renforce le sentiment d’une récupération partisane.
L’autorisation de la famille constitue une condition obligatoire pour toute panthéonisation. Il ne s’agit pas d’un simple avis consultatif : sans accord explicite sur le principe même de l’entrée au Panthéon, la cérémonie n’a généralement pas lieu. L’exemple d’Albert Camus, dont le fils Jean s’était opposé au projet et avait ainsi bloqué l’initiative, l’illustre clairement. Dans le cas de Marc Bloch, la famille a donné son accord, mais sous conditions.
À découvrir
L’une de ces conditions portait sur l’exclusion des députés du Rassemblement national de la cérémonie. Or, le protocole républicain prévoit l’invitation automatique des présidents de groupes parlementaires et des représentants des élus de la Nation, par ordre de rang. Si le Président de la République, qui décide en dernier ressort de l’organisation de l’événement, peut tenir compte des demandes de la famille et ajuster la liste des invités, il aurait pu s’opposer à cette exclusion et appliquer strictement le protocole, afin de préserver le caractère national et unitaire de l’hommage.
Marc Bloch se trouve ainsi panthéonisé par des gens qui l’auraient combattu de son vivant. L’image de Suzette Bloch, petite-fille de l’historien, posant aux côtés de Jean-Luc Mélenchon, dirigeant d’un parti souvent accusé d’antisémitisme, renforce le sentiment d’une récupération partisane. Marc Bloch, esprit libre et défenseur intransigeant de la vérité historique, méritait une cérémonie placée au-dessus des clivages contemporains.
La rédaction vous conseille
- La « rafle du billet vert » : la première arrestation massive de juifs en France occupée
- La rafle du Vél’ d’Hiv : une tragédie orchestrée dans l’ombre de Paris
- Rafle du Vél d’Hiv : quand Chirac reconnaissait pour la première fois la responsabilité de l’État français
Envie de lire tous les articles ?
Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.