Il y a 16 ans disparaissait Philippe Seguin
Le 7 janvier 2010, un froid glacial s’est abattu sur la France, bien au-delà des rigueurs de l’hiver
Publié le 7 janvier 2026

Seguin n’était pas de ces figures éphémères, modelées par les sondages et les vents changeants de l’opinion.
Ce jour-là, Philippe Seguin nous quittait brutalement, emporté par une crise cardiaque à l’âge de 66 ans, laissant un vide immense dans le paysage politique, un vide que le temps n’a fait qu’amplifier. Comment ne pas ressentir ce pincement au cœur, ce regret lancinant, en pensant à cet homme qui incarnait, comme nul autre, l’essence même de la conviction politique ?
Seguin n’était pas de ces figures éphémères, modelées par les sondages et les vents changeants de l’opinion. Non, il était un roc, un gaulliste pur et dur, un défenseur acharné de la souveraineté nationale, de la République indivisible et de la justice sociale.
Je me souviens de sa voix grave, tonnante, qui résonnait à l’Assemblée nationale comme un appel à l’âme de la France. Président de cette institution de 1993 à 1997, il avait lutté contre les dérives du libéralisme effréné, contre l’Europe des technocrates qui diluait les identités.
Son “non” retentissant au traité de Maastricht en 1992 n’était pas un caprice, mais un cri du cœur pour préserver l’idéal gaullien qu’il portait en lui comme une flamme inextinguible, et qu’il cria le 5 mai 1992 devant la représentation nationale.
Et que dire de son engagement pour les plus démunis ? Ministre des Affaires sociales sous Chirac, il avait défendu les travailleurs, les oubliés des banlieues, avec une passion qui transpirait dans chaque discours. Philippe Seguin était de ces rares politiques qui osaient dire “non” quand tout le monde acquiesçait, qui plaçaient les principes au-dessus des carrières.
Aujourd’hui, seize ans après sa disparition, le regret nous étreint plus que jamais. Dans un monde où la politique semble réduite à des slogans vides et des alliances opportunistes, Seguin apparaît comme le dernier géant, le dernier homme avec de vraies convictions, ancrées dans l’histoire et l’honneur. Sa mort prématurée nous a privés d’un phare dans la nuit, d’un guide qui aurait pu nous rappeler ce que signifie vraiment servir la nation.
Oh, comme il manque ! Comme on regrette ces débats enflammés, ces colères justes, cette intégrité qui nous fait défaut. Philippe Seguin n’est pas seulement parti, il a emporté avec lui une part de l’âme française. Et dans ce silence assourdissant, on ne peut s’empêcher de murmurer : repose en paix.
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