Le 11 septembre : entre stupeur et volonté de ne pas y croire
Par Nicolas Bourez
Publié le 11 septembre 2025

Les images que je voyais à la télé en rentrant étaient toutes aussi effroyables les unes que les autres.
Il est des dates qui marquent une vie dont on se souvient très précisément des années plus tard. Ces événements, bien souvent liés à notre histoire familiale ou à un fait marquant restent gravés dans la mémoire et nous pouvons décrire où nous étions et ce que nous faisions très longtemps après. Le 11 septembre, pourtant sans aucune connotation personnelle ou affective pour moi, fait partie de ces dates.
Professeur des écoles, je remplaçais une collègue dans une école élémentaire de Villepinte, en Seine-Saint-Denis, en classe de CE2. Comme tous les après-midis, vers 16h30, j’accompagnais ma classe en rang jusqu’à la grille de l’école.
Ce mardi 11 septembre 2001, il régnait comme une effervescence étrange parmi les personnes présentes au portail et aux abords de l’école. Une lourdeur inhabituelle était palpable et je commençai à m’inquiéter d’un incident avec un élève ou avec un parent à la grille. En me rapprochant pour laisser sortir ma classe, je compris qu’il n’en était rien. Tout le monde, parents, élèves et enseignants parlaient vite, fort et plusieurs discussions se mêlaient, s’entrecroisaient, se télescopaient sans que je n’aie bien compris de quoi il s’agissait clairement.
On parlait d’avions, d’incendies, de tours en feu, de détournement d’avions, d’attaque meurtrière sans que les choses ne fussent bien claires pour personne. Enfin, un père se présenta à moi et me raconta ce qu’il savait, ce qu’il avait vu à la télé juste avant de quitter son logement pour venir chercher sa fille : deux avions avaient percuté volontairement les Tours jumelles du World Trade Center qui étaient très endommagées et en feu. D’autres avions étaient en route pour commettre des attentats mais a priori un seul avait atteint le Pentagone. Effroi total et grande incompréhension. Quelques secondes après, une maman se rapprocha et nous dit que la première tour touchée s’était effondrée…
Nous en restâmes là, je saluai l’assistance et je retournai dans la salle de classe prendre mes affaires afin de rentrer chez moi, incapable de corriger le moindre cahier. Stupéfaction totale !
Dans la voiture, je mis la radio qui tournait en boucle sur les événements, notamment en rapport avec les deux tours… qui s’étaient effondrées toutes les deux ! Incroyable.
Les images que je voyais à la télé en rentrant quelques instants plus tard étaient toutes aussi effroyables les unes que les autres et laissaient présager d’un nombre très important de victimes…
La suite tout le monde la connait, tout le monde s’en souvient, chacun peut mesurer l’importance de ces attentats quasiment simultanés et ce qu’ils ont marqué dans notre inconscient collectif. Car il s’agit bien de ça : le terrorisme est fait pour choquer, pour marquer profondément les consciences et les inconscients collectifs.
Le premier sentiment est le déni, la volonté de ne pas y croire car cela est trop gros, trop inconcevable pour nos esprits libres ; nos valeurs d’humanité s’en trouvant complètement éparpillées aux quatre coins de la pièce autant que sont éparpillés les débris des immeubles détruits… Le souffle de l’explosion atteint l’intérieur de notre conscience et il faut un certain laps de temps pour se réveiller de cette torpeur protectrice afin de ne pas voir trop tôt, trop vite, la réalité trop cruelle… D’autres attentats suivront, et même s’ils ont été moins meurtriers et moins « spectaculaires » que ceux du 11 septembre, les mêmes procédés sont ressentis à chaque fois, un peu moins longtemps, un peu moins fort. Est-ce à dire que l’on s’habitue ? Malheureusement…
Le 11 septembre marque à mon sens le début d’une période où nous sommes encore, où l’islamisme a déclaré la guerre à notre civilisation occidentale et où nous perdons notre liberté chaque fois un peu plus par peur de livrer réellement le combat. Alors, nous préférons ne pas voir chaque petite avancée de nos ennemis dans l’ombre, nous taisons nos doutes et nos questions face à leurs revendications toujours plus sombres, et nous nous donnons bonne conscience en maquillant ces renoncements de belles intentions et d’ouverture à l’Autre. Mais ces accommodements déraisonnables se retournent contre notre mode de vie, et nous recommençons malgré tout à chaque fois pour ne pas batailler vraiment envers ce qui est devenu maintenant une partie de notre population, voisins ou lointains peu importe. C’est peut-être la grande différence avec le 11 septembre d’ailleurs, c’est que la stupéfaction régnait sincèrement parmi l’intégralité de la population. Aujourd’hui certains, peut-être assez nombreux dans quelques quartiers perdus pour la République, certains applaudiraient et se réjouiraient ouvertement de ces attentats meurtriers. Il y a vingt-quatre ans, si quelques-uns étaient éventuellement satisfaits de ces atrocités, ils ne le montraient pas.
La lutte contre l’islamisme est la priorité vitale pour notre civilisation sans quoi nous actons tout simplement l’abandon de nos valeurs d’égalité et de liberté, sans même les défendre ni les protéger des assaillants toujours plus déterminés, toujours plus nombreux. Il est urgent d’arrêter de tergiverser en faisant croire que notre État de droit suffira à nous préserver de ce totalitarisme religieux qui utilise notre faiblesse et notre droit à nos dépens. Le 11 septembre marque le début de cette période à laquelle nous ne voyons pas réellement de solution par absence de détermination politique claire. A moins que cela ne soit par peur, ce qui signifierait que les terroristes ont déjà gagné ! Effroyable absence de courage…
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