Reprise des relations franco-algériennes : entre illusion diplomatique et réalisme d’intérêt
Depuis plusieurs semaines, des signaux discrets mais significatifs témoignent d’un dégel progressif des relations entre la France et l’Algérie, après dix-huit mois de brouille ouverte. Ce retour à un dialogue politique n’a rien de spontané : il est le fruit d’un calcul mutuel, souvent cynique, toujours stratégique, entre deux États que tout oppose dans les discours, mais que rassemblent des intérêts trop vitaux pour se permettre une rupture durable. Mais au-delà de tout, entre la démocratie française et la dictature algérienne, il y a désormais plusieurs dossiers de discorde liés aux agissements d’un seul homme : Abdelmadjid Tebboune.
Par Mohamed Sifaoui
Publié le 11 novembre 2025

Le précédent de Jean-Noël Barrot, revenu bredouille d’Alger en avril dernier, a laissé un souvenir amer.
Quoi qu’en disent les relais du régime algérien, c’est du côté d’Alger que le besoin de renouer avec la France a été le plus impérieux. Abdelmadjid Tebboune, arc-bouté sur une posture anti-française depuis son accession au pouvoir, s’est heurté à plusieurs revers. Le plus cuisant reste l’humiliation diplomatique subie récemment par l’Algérie au Conseil de sécurité de l’ONU sur la question du Sahara occidental. Ahmed Attaf, ministre des Affaires étrangères, avait misé sur un soutien russe, chinois et pakistanais pour contrer le plan marocain. Tous lui ont tourné le dos, accentuant la solitude algérienne sur la scène internationale. Donc ce contexte d’isolement diplomatique algérien a beaucoup fait réfléchir Tebboune et son entourage.
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