Paris, Marseille, Lyon, Toulouse… où en sont les projets d’alliance PS-LFI pour le second tour des municipales ?
Y a-t-il un pilote dans l'avion ? Au Parti socialiste, c'est le Titanic. Alors que les résultats du premier tour des élections municipales, hier, dimanche 15 mars, montrent une avancée de La France Insoumise. Fusions ? Retraits ? La question sera particulièrement cruciale dans les grandes villes, notamment Paris, Marseille, Lyon et Toulouse. Pas d'accord national entre le PS et LFI, mais des alliances locales en préparation… Où est la cohérence ? Il y a des moments où il vaut mieux perdre une élection que détruire son image de respectabilité. Les socialistes ont opté pour les voix.
Par Karim Maloum
Publié le 16 mars 2026

La situation est complexe pour le PS qui avait exclu tout "accord national" avec La France Insoumise.
Bien qu’ils soient affaiblis sur la scène nationale, les socialistes conservent un solide ancrage local, municipal. Cette solidité territoriale dissimule toutefois des tensions profondes : entre ralliement avec les insoumis et maintien d’une position cohérente.
Le Parti socialiste est devant un dilemme en vue du second tour des municipales. Les résultats du premier tour montrent une avancée de La France Insoumise à Lille ou à Toulouse et toujours en lice à Paris. La situation est complexe pour le PS qui avait exclu tout « accord national » avec La France Insoumise.
Dans plusieurs grandes villes, comme Roubaix, Limoges, Toulouse ou Lille, La France Insoumise s’est hissée soit en tête soit en position de conditionner la victoire de la gauche au second tour, dimanche 22 mars. Sur X, Jean-Luc Mélenchon s’est félicité d’une « magnifique percée ».
Toulouse : en contradiction de la stratégie du Parti socialiste
À Toulouse, quatrième ville de France, les candidats LFI et PS-Écologistes ont annoncé une « liste commune », en bonne position pour tenter de battre le maire divers droite sortant. En contradiction de la stratégie du Parti socialiste.
Après l’annonce de fusion des listes de l’union de la gauche et de LFI, le maire sortant de Toulouse Jean-Luc Moudenc a dénoncé sur BFMTV « une alliance de la honte ». « Le Parti socialiste, a-t-il affirmé, s’est soumis aux insoumis en tournant le dos à une vieille tradition toulousaine d’humanisme et d’attachement aux valeurs laïques et républicaines. » Il a rappelé la présidente PS de la région Occitane Carole Delga « martèle depuis des mois que le Parti socialiste ne doit pas perdre son âme et être fidèle à ses valeurs ».
« Il s’est trompé d’adversaire » : Benoît Payan justifie sur BFMTV l’absence d’alliance avec LFI au second tour
Écartant toute discussion ou alliance avec La France Insoumise, le maire sortant Benoît Payan a expliqué que Sébastien Delogu « s’est trompé d’adversaire » pendant la campagne. « J’ai vu qu’hier soir, il m’avait tendu la main, cette main, pendant la campagne, il l’a fermé et il m’a tapé avec. Il n’a pas eu de mot contre le RN pendant la campagne », a-t-il déclaré sur BFMTV. « Je ne l’appelle pas au désistement », a-t-il ajouté, refusant de donner des directives ou de « commenter l’attitude des uns et des autres », mais il assure toutefois que Sébastien Delogu, après avoir fait cavalier seul loin de l’union de la gauche, doit maintenant « prendre ses responsabilités » dans un objectif commun : ne pas laisser la cité phocéenne aux mains du Rassemblement national.
À Paris, Rachida Dati tend la main à Bournazel qui pose ses conditions
À Paris et Marseille, les négociations s’annoncent ardues après des campagnes tendues entre socialistes et insoumis. Dans la capitale, le candidat PS Emmanuel Grégoire a certes largement distancé sa concurrente de droite Rachida Dati d’au moins dix points et semble en mesure de permettre à la gauche hors-LFI de conserver la ville.
«Il n’y a aucune alliance avec Sarah Knafo», a déclaré ce matin sur ICI Paris Île-de-France Sylvain Maillard, porte-parole de la campagne de Rachida Dati et numéro 2 sur cette liste. La candidate du parti Reconquête!, arrivée cinquième au premier tour, avait appelé la candidate LR à accepter sa «main tendue». En revanche, «nous allons travailler avec Pierre-Yves Bournazel à un projet d’alternance», a annoncé ce lundi matin sur X Rachida Dati, qui a poursuivi : «C’est la vie des Parisiennes et des Parisiens pendant les six prochaines années qui est en jeu. Nous devons réussir l’alternance !»
«Pierre-Yves Bournazel se disait le candidat de la probité. Je ne peux pas croire qu’il pousse aujourd’hui pour une alliance avec une candidate renvoyée devant le tribunal correctionnel pour corruption le 16 septembre prochain», a écrit sur X le candidat socialiste Emmanuel Grégoire, arrivé en tête du scrutin hier. Il a écrit aussi : «Paris mérite de la transparence. Paris mérite de l’honnêteté. Paris mérite de la loyauté.»
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