Suite à la mort de Quentin Deranque
Mathilde Panot souhaite éloigner Némésis de ses meetings «sinon ça va mal finir»
Toujours utiliser le langage de la violence et de la menace. Après la mort de Quentin, Mathilde Panot, la cheffe de file des députés insoumis, a demandé à ce que le collectif Némésis « soit tenu en dehors » de leurs meetings ou manifestations « sinon ça va mal finir ». Ces déclarations ont suscité de vives réactions de la part des politiciens et de la société civile.
Par Karim Maloum
Publié le 17 février 2026

Les propos de la chef de file des députés insoumis ont suscité de vives réactions politiques.
Depuis la mort de Quentin Deranque, les réactions politiques se multiplient. Au moins six individus cagoulés ont frappé Quentin 23 ans lors d’une intervention de l’eurodéputée de La France insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon le jeudi 12 février. Deux jours plus tard, on a annoncé qu’il était décédé.
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Le choc de ce crime a bouleversé beaucoup de Français. Une situation qui nécessite de la retenue et du calme. C’est le contraire qui s’est produit avec les dirigeants de la Fraction Insoumise.
Ce lundi 16 février, Mathilde Panot, présidente du groupe insoumis à l’Assemblée nationale, a de nouveau balayé sur LCP, tout lien entre le mouvement et les antifascistes et demandant à ce que le collectif identitaire Némésis soit éloigné des événements liés à son parti.
« Nous ne demandons même pas la dissolution de Némésis. Nous demandons à ce que Némésis soit tenu en dehors de nos meetings, en dehors de nos conférences, en dehors de nos manifestations. Sinon ça va mal finir », a averti la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.
Mort de Quentin à Lyon : "Nous demandons à ce que Nemesis soit tenu en dehors de nos conférences, de nos meetings, de nos manifestations", dit @MathildePanot, qui demande par ailleurs la dissolution de la Brigade française patriote.#LCPol pic.twitter.com/S1VmKxAOfz
— LCP (@LCP) February 16, 2026
«S’il y a des gens ex-Jeune Garde qui se trouvent dedans, j’appelle à ce qu’ils soient punis», mais «cela n’a rien à voir avec nous», a protesté Mathilde Panot, alors que LFI est sous le feu des critiques pour ses liens présumés avec cette association dont émane un de ses députés, Raphaël Arnault. «Je pense que la manière dont ce drame est instrumentalisé est lamentable politiquement et vise à marginaliser La France insoumise», a-t-elle insisté.
«Vous nous menacez de mort ?»
Ses propos ont provoqué la colère d’Alice Cordier, la fondatrice de Némésis qui sur X a interpellé Mathilde Panot: «Que sous-entendez vous par “ça va mal finir” ? (…) Vous nous menacez de mort ?» «Ce n’est pas ça la démocratie Mathilde Panot», a embrayé le vice-président du Rassemblement national Sébastien Chenu.
« Chacun a le droit de s’exprimer sans risquer sa vie parce que vos amis de la Jeune Garde ont décidé de tuer. Nous sommes des démocrates, nous n’empêchons personne de s’exprimer, vous feriez mieux de vous reprendre illico », a dénoncé le vice-président du Rassemblement national.
Sinon quoi ?
— Alice Cordier (@CordierAlice2) February 16, 2026
Un mort ?
Déjà fait, visiblement. https://t.co/JHOrsxAovT
Six jours après le lynchage survenu dans le centre de Lyon, du jeudi 12 février, en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan (La France insoumise), à l’Institut d’études politiques (IEP), le procureur de Lyon a confirmé, ce lundi 16 février 2026, qu’une «enquête criminelle des chefs d’homicide volontaire» a été ouverte, en plus de l’enquête délictuelle déjà ouverte pour «coups mortels aggravés et violences aggravées».
Le procureur Thierry Dran évoque le déroulé des faits après le décès de Quentin D. jeudi à Lyon : « Un petit groupe de sept jeunes filles organisait une manifestation dans le cadre d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan. Rapidement, plusieurs personnes intervenaient pour tenter d’arracher la banderole. Vers 18 heures, les hommes chargés de les accompagner étaient pris à partie par un groupe d’une vingtaine d’individus », dit-il.
« Ces trois jeunes hommes ont été jetés au sol puis frappés par plusieurs individus masqués et cagoulés, au moins six pour Quentin D. », poursuit-il. Le procureur de Lyon affirme, pêle-mêle, que Quentin Deranque n’avait pas de casier judiciaire, qu’il n’a pas reçu de coups de couteau, que les auteurs des faits portaient «des armes par destination» sans préciser lesquelles.
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