« Pas d’ingérence dans nos affaires »
Mort de Quentin Deranque : la France convoque l’ambassadeur américain, après les remarques de l’administration Trump
Sur France info ce dimanche, le ministre de l’Europe et des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot a dénoncé les commentaires de l’administration Trump au sujet de la mort du jeune étudiant. « Nous n’avons aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire », a lancé Jean-Noël Barrot. Jeudi, le bureau du contre-terrorisme américain avait déclaré «surveiller» l’extrémisme violent de gauche en France.
Par Hugo Coursier
Publié le 22 février 2026

La France a décidé de convoquer l’ambassadeur des États-Unis à Paris, Charles Kushner, à la suite des déclarations de l’administration de Donald Trump concernant la mort de Quentin Deranque à Lyon.
La France rejette toute ingérence américaine. Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a annoncé ce dimanche 22 février qu’il comptait convoquer l’ambassadeur américain en France, Charles Kushner, à la suite des commentaires de l’administration Trump sur la mort du jeune Quentin Deranque.
Invité de l’émission Questions politiques sur France Inter, France Info et le Monde, le ministre a affirmé n’avoir «aucune leçon à recevoir de l’internationale réactionnaire». «Nous refusons toute instrumentalisation de ce drame (…) à des fins politiques», a-t-il ajouté.
Vendredi, des responsables américains avaient dénoncé ce qu’ils qualifient de « violence politique d’extrême gauche », appelant à ce que les responsables soient traduits en justice. Des propos perçus à Paris comme une ingérence et une tentative d’instrumentalisation d’un drame national.
« Ce que nous demandons simplement à nos partenaires et à nos amis, c’est de respecter un principe auquel nous tenons : pas d’ingérence dans nos affaires, et singulièrement pas dans un drame qui touche d’abord la communauté nationale », résume Jean-Noël Barrot.
Un drame instrumentalisé à des fins politiques
Jeudi, le bureau du contre-terrorisme du département d’État américain, a écrit sur le réseau social X que «la gauche radicale violente est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque montre la menace qu’elle pose pour la sécurité publique». Le département a ensuite assuré qu’il allait «continuer de surveiller la situation» et qu’il «attendait de voir les coupables traduits devant la justice».
Les informations, corroborées par le ministre français de l'Intérieur, selon lesquelles Quentin Deranque aurait été tué par des militants d'extrême gauche, devraient tous nous préoccuper.
— U.S. Embassy France (@USEmbassyFrance) February 20, 2026
L'extrémisme violent de gauche est en hausse et son rôle dans la mort de Quentin Deranque… https://t.co/90BOijTxhR
« Lorsque l’on décide de tuer des gens pour leurs opinions au lieu de les persuader, on se place en dehors de la civilisation », avait écrit, le même jour, sur X la sous-secrétaire d’État à la diplomatie publique, Sarah Rogers, en ajoutant que les États-Unis suivaient de « près » cette affaire.
La marche en hommage à Quentin Deranque s’est déroulée dans le calme
La marche organisée à Lyon, ce samedi après-midi, 21 février, en hommage à Quentin Deranque, a rassemblé environ 3200 personnes, selon la préfecture, et s’est déroulée dans le calme.
Les principaux mots d’ordre et slogans écrits ou scandés ont été : « Justice pour Quentin », « l’extrême gauche tue », « antifas assassins », « LFI complice ».
Il n’y a pas eu d’incidents au cours de la manifestation. Un important dispositif sécuritaire a été déployé non seulement dans le quartier où a eu lieu l’événement mais dans toute la ville de Lyon.
La marche s’est terminée sur les lieux de l’agression dont a été victime Quentin Deranque le 12 février. Le militant d’ultra-droite a été violement frappé par des militants d’ultra-gauche, en marge d’une conférence de l’eurodéputée France Insoumise Rima Hassan. Quentin Deranque succombera à ses blessures le 14 février.
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