Mort de Quentin Deranque : Les méléchonistes ne font pas profil bas, ils veulent tout conflictualiser
Avec la mort à Lyon de Quentin Deranque, lynché par six personnes, le leader insoumis se trouve emporté par sa propre stratégie. Jean-Luc Mélenchon a toujours assuré que "le peuple en colère" avait besoin de dirigeants qui "parlent dru et cru", pas "prout-prout".
Par Karim Maloum
Publié le 18 février 2026

La stratégie délibérée de rupture prônée par Jean-Luc Mélenchon est basée sur la conflictualisation.
Cinq jours après la mort du jeune Quentin Deranque, violemment agressé à Lyon, le débat politique s’embrase. Parmi les onze personnes interpellées, figure l’assistant parlementaire du député LFI Raphaël Arnault, dont Yaël Braun-Pivet avait déjà suspendu l’accès de l’Assemblée nationale.
Certains se demandent si la France Insoumise peut accepter de civiliser le débat politique et d’abandonner définitivement le désir de tout conflictualiser.
Le Premier ministre a pris la parole depuis l’Assemblée nationale, cinq jours après la mort, samedi, de Quentin Deranque. « On ne peut avoir la rhétorique de la confrontation en permanence et ne pas voir que ce qui se passe dans l’hémicycle peut infuser dans la société », a souligné le Premier ministre devant les députés, lors d’une session de questions au gouvernement.
Mathilde Panot a accusé le gouvernement de n’avoir prévu « aucun dispositif » de sécurité autour de la présence ce soir-là du collectif identitaire Némésis, qui manifestait contre une conférence de l’Insoumise Rima Hassan, et de n’avoir pas « tenu compte de ses alertes ».
« Ce que vous venez de faire est absolument ignoble et abject […] Il est temps que vous fassiez le ménage, madame la présidente Panot, le ménage dans vos propos, le ménage dans vos idées et surtout le ménage dans vos rangs », a rétorqué le Premier ministre.
Les Méléchonistes ne font pas profil bas. Ils agiteront le chiffon de la menace fasciste et du danger que le candidat de l’extrême droite arrive au pouvoir. Ils feront encore bloc et ne céderont pas. C’est dans l’ADN du mélenchonisme.
Mais pour quelle raison Jean-Luc Mélenchon s’arrêterait-il à une année de la présidentielle ?
Jean-Luc Melenchon a toujours pratiqué la voiture ballée. Tous les antisystème sont les bienvenus : les indigénistes, les racialistes, les islamistes, les antisémites, les wokistes… Sa visite au camp d’été de la Jeune Garde, dite « antifasciste », et dissoute en juin 2025, témoigne de cette stratégie.
Jean-Luc Mélenchon a toujours assuré que « le peuple en colère » avait besoin de dirigeants qui « parlent dru et cru », pas « prout-prout ». Il a déclaré, en mars 2012, lors d’un meeting : « Nous provoquons les consciences en parlant cru et dru. » Estimant que « le système médiatique est une machine à normaliser », les excès de langage permettent, selon lui, d’attirer l’attention sur d’autres sujets. Et aujourd’hui, il applique toujours la même stratégie.
Dans une démocratie, l’ensemble des partis et responsables politiques, après un acte aussi révoltant que le lynchage mortel de Quentin Deranque, devront installer un cordon sanitaire contre la France Insoumise qui refuse de reconnaître sa responsabilité en développant un discours de violence et qui a théorisé la « conflictualisation » du débat public et en choisissant l’affrontement. Comme cela a été le cas dans l’intervention de Mathilde Panot à l’Assemblée nationale et dans celles d’autres dirigeants de LFI dans les médias.
Les Insoumis peuvent toujours crier à l’instrumentalisation et exprimer faussement leur indignation. Le drame de Lyon, tel un boomerang, n’est pour eux qu’un juste retour à l’expéditeur.
La stratégie délibérée de rupture prônée par Jean-Luc Mélenchon, basée sur la conflictualisation, inspirée de la conquête du pouvoir par Chavez, il l’expliquait déjà en 2012 : « tout conflictualiser » et encourager les comportements révolutionnaires.
Mais pour quelle raison Jean-Luc Mélenchon s’arrêterait-il à une année de la présidentielle, une élection qui est en France la mère de toutes les batailles politiques.
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