Lutte contre l'islamisme
Le plan de bataille de Bruno Retailleau
«La progression de l’entrisme islamiste est profonde. Elle est au cœur d’un combat républicain», a déclaré, ce lundi, à Nanterre, Bruno Retailleau. Le ministre de l'Intérieur a rappelé les dispositifs existants pour lutter contre l'islamisme tout en exhortant les préfectures au volontarisme. Emmanuel Macron devrait recevoir, dans les prochaines semaines, de la part de Bruno Retailleau, de "nouvelles propositions".
Par Karim Maloum
Publié le 26 mai 2025

Bruno Retailleau a dévoilé les contours de l’organisation qu’il souhaite mettre en place pour «s’attaquer aux écosystèmes islamistes».
Sur l’islamisme, «le déni n’est plus possible aujourd’hui», a martelé ce lundi le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau. Trois jours après la publication du rapport sur les Frères musulmans, le ministre de l’Intérieur a précisé, ce lundi 26 mai, son dispositif pour «s’attaquer aux écosystèmes islamistes», à la manière de ce qui est fait contre le terrorisme.
Pour faire ses annonces, le ministre de l’Interieur a choisi de se rendre à la préfecture des Hauts-de-Seine pour assister à une réunion de la Cellule départementale de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire, présidée par Alexandre Brugère. Elles comprennent trois volets : organisation, outils juridiques et conscientisation.
Au niveau local, le plan de Bruno Retailleau s’appuie sur la Cellule départementale de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire dont la doctrine d’action sera repensée autour des écosystèmes islamistes.
Le ministre de l’Intérieur envisage d’agir contre l’islamisme comme pour le narcotrafic, en commençant par mieux organiser les services de l’État, avec la mise en place d’un « chef de file en matière de renseignement » contre l’entrisme islamiste et « un service dédié aux mesures de police administrative », au sein du ministère de l’intérieur, avec les autres ministères concernés, qui puisse, par exemple, favoriser les dissolutions d’organisations qui pratiquent l’entrisme islamiste. Ceci au niveau national.
Au niveau local, le plan de Bruno Retailleau s’appuie sur la Cellule départementale de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire dont la doctrine d’action sera repensée autour des écosystèmes islamistes, qu’elles devront démanteler dans toutes leurs composantes avec l’intégralité des moyens de l’État.
Le ministre de l’Intérieur met aussi l’accent sur le plan financier et annonce « la dissolution administrative des fonds de dotations et l’assèchement des sources de financement ».
L’arsenal d’armes administratives sera complété par la réforme du régime des publications étrangères, qui permet de trouver, dans des bibliothèques scolaires, des ouvrages de propagande islamiste. Il est aussi question de l’amélioration du dispositif de dissolution d’associations, en prévoyant un mécanisme de dévolution des biens afin d’éviter des cas comme celui de Baraka City qui, après sa dissolution, a pu transférer ses actifs au Royaume-Uni.
Le ministre de l’Intérieur met aussi l’accent sur le plan financier et annonce « la dissolution administrative des fonds de dotations et l’assèchement des sources de financement ». La Grèce ou le Royaume-Uni se sont déjà engagés dans cette voie.
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