Sollicité par Rupture, le Quai d’Orsay n’a pas réagi à l’annonce de cette condamnation
Liberté pour #Gleizes
Deux jours avant le verdict du procès en appel de Boualem Sansal, en détention en Algérie depuis le 16 novembre, qui sera annoncé demain, la justice algérienne a prononcé une condamnation lourde contre un autre ressortissant français, dans un dossier resté celui-ci sous les radars médiatiques. Les relations bilatérales entre la France et l'Algérie ont été fortement perturbées par le cas de l'écrivain. La condamnation récente du journaliste sportif Christophe Gleizes à sept ans de prison en Algérie par le tribunal de Tizi Ouzou est également politique. D'après Salah Brahimi, le bâtonnier de l'ordre des avocats de Tizi Ouzou, qui assure la défense du journaliste, un appel sera envisagé à partir de mercredi 2 juillet. Le conseil dispose d’un délai de dix jours pour engager cette procédure. Sollicité par Rupture, le Quai d’Orsay n’avait pas réagi à l’annonce de cette condamnation.
Par Karim Maloum
Publié le 30 juin 2025

Christophe Gleizes a été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire.
© RSF/So Foot
Le journaliste sportif indépendant Christophe Gleizes a été condamné ce dimanche 29 juin à sept ans de prison ferme en Algérie, ont annoncé le groupe So Press pour lequel ce spécialiste du football travaille ainsi que Reporters sans frontières (RSF). Un appel sera interjeté dès lundi, expliquent-ils aussi. Christophe Gleizes a été arrêté le 28 mai 2024 à Tizi Ouzou et placé sous contrôle judiciaire.
Sa famille se dit « sous le choc » et se demande « comment justifier qu’un journaliste qui exerce honnêtement son métier soit ainsi puni ».
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Le cas de Boualem Sansal a considérablement tendu les relations bilatérales entre la France et l’Algérie, enflammées depuis des semaines par la question de la réadmission dans leur pays d’origine des Algériens sous obligation de quitter le territoire français.
D’après Salah Brahimi, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Tizi Ouzou, qui assure la défense du journaliste, un appel sera envisagé à partir de mercredi 2 juillet. Le conseil dispose d’un délai de dix jours pour engager cette procédure. Sollicité par Rupture, le Quai d’Orsay n’avait pas réagi à l’annonce de cette condamnation.
« Rien n’échappe à la politique »
Une deuxième condamnation à la veille du verdict de Boualem Sansal est une provocation des autorités algériennes, qui ne fera que tendre les relations bilatérales entre la France et l’Algérie. « Rien n’échappe à la politique aujourd’hui et la justice algérienne a manqué une importante occasion de sortir par le haut dans cette affaire », s’est insurgé Thibaut Bruttin, directeur général de RSF, alors que cette condamnation intervient en pleine crise entre la France et l’Algérie. « Christophe Gleizes est un journaliste reconnu pour toujours travailler sans arrière-pensée politique, ses enquêtes et interviews le prouvent. Le travail de Christophe ne peut être remis en cause. Cette décision est totalement injuste », s’est aussi indigné le journaliste et fondateur de So Press, Franck Annese.
D’après Salah Brahimi, le bâtonnier de l’ordre des avocats de Tizi Ouzou, qui assure la défense du journaliste, un appel sera envisagé à partir de mercredi 2 juillet. Le conseil dispose d’un délai de dix jours pour engager cette procédure. Sollicité par Rupture, le Quai d’Orsay n’avait pas réagi à l’annonce de cette condamnation.
Une nouvelle crise entre l’Algérie et la France
« Il est important que tout soit mis en œuvre, y compris politiquement et diplomatiquement, pour que la justice l’emporte et que Christophe puisse retrouver ses proches et sa rédaction », a pour sa part plaidé le fondateur de So Press, Franck Annese, cité dans le communiqué.
La condamnation du journaliste intervient dans un contexte de crise aiguë entre l’Algérie et la France, marquée par des expulsions de diplomates de part et d’autre. En mai dernier, Emmanuel Macron a décidé d’expulser « douze agents servant dans le réseau consulaire et diplomatique algérien en France » et de rappeler pour consultations l’ambassadeur français à Alger Stéphane Romatet en représailles à des expulsions similaires annoncées par l’Algérie.
L’ambassadeur de France à Alger est à Paris depuis la mi-avril et la situation «est bloquée» entre les deux pays.
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