Jean-Luc Mélenchon invente la conférence de presse sans la presse
Jean-Luc Mélenchon a organisé une conférence de presse en fermant la porte à la presse, à la presse écrite et à la presse audiovisuelle, quoique parmi les présents il y a eu quelques médias en ligne, le reste étant de vagues "influenceurs", souvent acquis à La France Insoumise. Cette pratique est inédite voire inquiétante pour la liberté de la presse.
Publié le 25 février 2026

Ce qu'a fait le leader de La France Insoumise s'apparente à une entrave à la liberté de la presse.
Dans son invitation à la conférence de presse en question, lundi dernier, 23 février, Jean-Luc Mélenchon parle de « nouveaux médias » et de « créateurs et influenceurs politiques ». Il dit aussi dans son communiqué vouloir « faire œuvre utile en invitant une conférence de presse réservée aux médias numériques alternatifs ».
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Le leader de La France Insoumise a tenu une conférence de presse en excluant la presse écrite et la presse audiovisuelle. Il est vrai que le paysage médiatique a beaucoup changé ces dernières années et qu’il existe beaucoup de médias en ligne et d’ailleurs y compris les médias « traditionnels » qui sont également présents sur internet. Mais il y a deux hics. Primo, Jean-Luc Mélenchon aurait pu accueillir dans sa conférence de presse tous les médias, les médias « traditionnels » et les médias « alternatifs » ou « les nouveaux médias » comme il les appelle. Secundo, même parmi ces « nouveaux médias », il apparait qu’un tri a été fait, en prenant le soin d’inviter des médias favorables à La France Insoumise, et que dans le tas beaucoup sont plutôt ce qu’on appelle des « influenceurs », autrement dit des gens qui ouvrent des comptes sur les réseaux sociaux ou des plateformes et publient des contenus se limitant le plus souvent à l’expression de leur point de vue personnel.
Ce qu’a fait le leader de La France Insoumise s’apparente à une entrave à la liberté de la presse. En démocratie -et la démocratie, c’est fondamentalement les libertés-, les organisations politiques n’ont pas à choisir entre les médias, à sélectionner ceux qui leur conviennent et exclure de la communication de leurs activités ceux ne les arrangent pas.
Sophia Chikirou avait annoncé la couleur
La veille de la sortie de Jean-Luc Mélenchon, une autre voix de La France Insoumise, Sophia Chikirou avait annoncé la couleur, dimanche, en s’attaquant à son tour à la presse en des termes particulièrement virulents. «Virez les fascistes des médias parce qu’on n’en peut plus des laquais, des fascistes sur les plateaux télé !» a-t-elle lancé au cours d’une réunion publique dans le 19e arrondissement de Paris dans le cadre de sa compagne pour les élections municipales. Elle dira aussi sur le même ton : « Vous n’êtes pas journalistes, vous n’avez rien de journalistes, rendez la carte. Vous êtes des petits agents. C’est ce que Simone Veil appelait les nazis à petits pieds. »
Cela fait un moment qu’il existe chez La France Insoumise, et notamment chez son leader Jean-Luc Mélenchon, un problème avec les médias, avec les journalistes. Néanmoins, avec ces deux dernières séquences, l’hostilité « insoumise » à la presse est montée d’un cran et cela devient inquiétant. Inquiétant dans la mesure où il s’agit d’un mouvement important sur la scène politique française, avec une forte présence à l’Assemblée nationale et susceptible de peser fortement aux prochains rendez-vous électoraux, y compris la présidentielle.
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