Le pape Léon XIV prononcera un discours au siège de l’UNESCO
Le pape Léon XIV s’apprête à faire un acte rare, au premier jour de sa visite en France, à Paris ; il prononcera un discours solennel au siège de l'UNESCO. Ce sera la première visite papale de cette nature depuis plus de quarante ans.
Publié le 22 septembre 2026

Jean-Paul II le 2 juin 1980 au siège de l'UNESCO.
Invité par le directeur général de l’UNESCO Khaled El-Enany, le souverain pontife américain, né à Chicago, élu le 8 mai 2025, s’adressera à la communauté internationale sur l’intelligence artificielle, la jeunesse, la paix et le dialogue inter-religieux.
La matinée du 25 septembre sera consacrée à un forum de jeunes autour de son encyclique Magnifica Humanitas, l’après-midi, à 15 heures, il rencontrera le directeur général, visitera les jardins et une exposition sur la paix, puis prendra la parole en salle.
Un écho de 1980
Le parallèle est assumé. Le 2 juin 1980, Jean-Paul II, en visite officielle en France, s’était exprimé dans ces mêmes murs. Devant Amadou-Mahtar M’Bow, alors directeur général, et Léopold Sédar Senghor, il avait placé la culture au centre de son discours « Nous nous rencontrons sur le terrain de la culture, réalité fondamentale qui nous unit Voici l’homme ! » Il y défendait la primauté de l’esprit sur la matière, le lien constitutif entre christianisme et culture européenne, et le rôle de l’éducation dans la dignité de la personne.
Quarante-six ans plus tard, le contexte a changé. L’enjeu n’est plus seulement la culture face aux idéologies du XXe siècle, mais la place de l’humain face aux algorithmes.
Léon XIV, qui a consacré sa première encyclique à l’intelligence artificielle, devrait insister sur la dignité humaine, les biais algorithmiques, la protection des données et la responsabilité en s’appuyant sur la Recommandation de l’UNESCO sur l’éthique de l’IA adoptée en 2021.
Le Vatican souligne aussi l’occasion du 75e anniversaire des relations officielles entre le Saint-Siège et l’Organisation. Un accord-cadre doit être signé. Ces liens remontent à 1952, lorsque Mgr Angelo Roncalli – nonce à Paris, futur Jean XXIII – fut nommé premier observateur permanent du Saint-Siège. François, en 2021, avait qualifié l’UNESCO de « partenaire privilégié » pour la paix, le développement intégral de la personne et la protection du patrimoine.
Un lieu où « l’humanité réfléchit sur elle-même »
La visite à l’UNESCO n’est que le premier acte d’un voyage apostolique de quatre jours, du 25 au 28 septembre, le premier d’un pape à Paris depuis Benoît XVI en 2008. Après l’Élysée le matin du 25, Léon XIV célébrera les vêpres à Notre-Dame, puis une veillée avec les jeunes au Stade de France. Samedi, messe sur la place de la Concorde, avant Lourdes puis Metz, où il évoquera les racines de l’Europe et la paix.
Pour Matteo Bruni, porte-parole du Saint-Siège, l’UNESCO est le lieu où « l’humanité réfléchit sur elle-même, sur son histoire, sur son avenir ». Le pape devrait y opposer une vision utilitariste de l’homme et défendre « la vie humaine, de toute vie, précisément dans les moments de plus grande fragilité ».
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