« La guerre n’est pas bonne pour les affaires » disait Donald Trump
Donald Trump a beaucoup reproché à ses prédécesseurs, surtout démocrates, d'avoir engagé les États-Unis dans des guerres, se présentant en faiseur de paix. Aujourd'hui, avec la guerre au Moyen-Orient, il est, en quelque sorte, rattrapé par ses anciennes déclarations "pacifistes".
Par Karim Maloum
Publié le 6 mars 2026

"La guerre en Irak était une grosse, une énorme erreur", disait Donald Trump.
Donald Trump aspire toujours à avoir prix Nobel de la paix. Le Républicain s’est fait élire deux fois avec la promesse de ne pas engager de conflits. « La guerre n’est pas bonne pour les affaires » disait Trump. Une position contredite par l’intervention qu’il vient de déclencher en Iran.
« La guerre en Irak était une grosse, une énorme erreur.» Dès sa campagne électorale de 2016, Donald Trump s’est signalé par une position hostile aux engagements militaires américains dans le monde, à commencer par la guerre en Irak. Il avait tourné en ridicule les Républicains pro-guerre et promis d’éviter tout conflit inutile avec un pays étranger
«La meilleure politique étrangère de Trump ? Ne pas déclencher de guerres». Dans une tribune publiée dans les colonnes du Wall Street Journal le 31 janvier 2023, JD Vance vantait la politique internationale du candidat républicain, affirmant qu’il aurait tout son soutien car «il n’enverra pas imprudemment des Américains se battre à l’étranger».
Faites ce que je dis, ne faites pas ce que je fais. Cette expression est devenue un proverbe populaire. Elle date pourtant d’une époque très lointaine, car elle remonte à 65 après Jésus-Christ, et est issue d’un Évangile de saint Matthieu.
Après trois ans, le milliardaire républicain, qui se proclamait pourtant «président de la paix», a envoyé des centaines de missiles sur l’Iran depuis plusieurs jours. L’armée américaine a déclaré lundi 2 mars avoir frappé plus de 1 250 cibles en Iran au cours des premières 48 heures du conflit.
La guerre lancée par les États-Unis et Israël contre l’Iran le 28 février constitue l’engagement militaire le plus important décidé par Trump au cours de ses cinq années cumulées passées au pouvoir. Au septième jour de guerre au Moyen-Orient, des explosions ont été entendues ce vendredi matin à Téhéran, tandis que l’Iran a lancé une nouvelle salve de missiles contre Israël.
Frappes contre la Syrie, Iran, l’Afghanistan, Irak, le Yémen… enlèvement de Nicolas Maduro. Depuis son arrivée dans le Bureau ovale en janvier 2025, Donald Trump a attaqué sept pays, dont trois (l’Iran, le Nigeria et le Venezuela) qui n’avaient jamais été visés auparavant par des frappes militaires américaines.
Le président républicain est adepte d’interventions ciblées mobilisant une force aérienne importante, plutôt que de guerres longues privilégiés par ses prédécesseurs.
Les opérations militaires décidées par le chef d’État suivaient jusqu’à l’Iran une logique que le Washington Post qualifiait ce week-end de «guerre de Vikings» : «Les interventions et des retraits rapides, misant sur la rapidité et la surprise pour obtenir une capitulation immédiate», présentées comme étant essentielles à la défense des intérêts américains.
Trump, de la guerre commerciale à la vraie guerre
La guerre commerciale. À peine installé dans le bureau ovale, Donald Trump avait pris comme première décision de retirer les États-Unis , accord de libre-échange facilitant les relations commerciales des principaux pays de la frontière pacifique hors la Chine. Le président des États-Unis Donald Trump a ouvert le front des guerres commerciales, le 20 janvier, dans son discours d’investiture, en promettant d’augmenter les droits de douane sur les produits entrant dans le pays.
La Cour suprême américaine a infligé le 20 février, un camouflet à l’administration Trump, en invalidant une grande partie des surtaxes douanières imposées par le locataire de la Maison-Blanche au reste du monde.
Rien n’arrête Donald Trump. Cette guerre commercial continue, il vient de menacer l’Espagne de sanction. Le chef du gouvernement espagnol s’est attiré les foudres de Donald Trump en critiquant ouvertement les frappes menées contre le régime iranien. Trump a aussi reproché à l’Espagne son refus de permettre aux États-Unis d’accéder à ses bases militaires pour mener des opérations contre l’Iran.
Donald Trump a menacé mardi 3 mars, de « cesser tout commerce avec l’Espagne », lui reprochant son refus de laisser les États-Unis utiliser des bases militaires situées en Andalousie pour leur guerre contre l’Iran et ses dépenses militaires qu’il juge insuffisantes.
Les actions militaires de Trump sont lancées le week-end
Frappes en Syrie, en Iran, enlèvement de Nicolas Maduro… La plupart des actions militaires de Donald Trump se déroulent le week-end. Un choix de date qui viendrait de la Bourse, fermée en fin de semaine, évitant des ventes d’actions intempestives.
Vous êtes un ennemi de Donald Trump, vous pouvez probablement dormir sur vos deux oreilles le lundi, mardi, mercredi et jeudi, mais méfiez-vous de la fin de semaine. Pendant le week-end, le président américain a une étrange tendance à frapper.
Exemple encore ce samedi 28 février, avec l’attaque contre l’Iran et la mort d’Ali Khamenei. La dernière fois que Trump avait frappé la République islamique, c’était également le week-end, le dimanche 22 juin 2025. Autre exemple récent, le raid contre le Venezuela et la capture de Nicolas Maduro, survenu dans la nuit du vendredi au samedi 3 janvier.
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