La mairie revient sur sa décision d'annulation
La cérémonie en l’honneur de Justes à Vendôme aura bien lieu
Suite à controverse provoquée par l'annulation, par le conseil municipal, à majorité de droite, de Vendôme, dans le Loir-et-Cher, d'une cérémonie en l’honneur de Jean et Jeanne Philippeau qui ont caché des fillettes juives lors de l’occupation allemande, la mairie revient sur sa décision et annonce une réunion pour le 22 avril consacrée à cette cérémonie qui aura finalement lieu. Pour justifier la décision d'annulation, la mairie avait invoqué "la proximité des élections locales" et "le contexte géopolitique" marqué par "le conflit opposant l'État d'Israël et le Hamas, qui suscite des sensibilités particulières au sein de nos différentes communautés».
Publié le 15 avril 2025

Arlette Testyler-Reimann, 92 ans, a prévu d’organiser une grande fête le 28 mai pour honorer la mémoire de ses bienfaiteurs.
Une controverse a éclaté après que le magazine Le Point ait révélé, le 23 mars dernier, que la municipalité de Vendôme dirigée par Laurent Brillard (LR-UDI-DVD) ait reçu le délégué local du comité Yad Vashem pour l’informer que le conseil municipal avait décidé de surseoir à la cérémonie prévue pour le 28 mai en l’honneur de Jean et Jeanne Philippeau, savetiers à Vendôme, qui avaient caché des fillettes juives lors de l’occupation nazie. Le couple Philippeau a été récemment reconnu « Justes parmi les Nations » à titre posthume.
« La proximité des élections locales, qui risque de limiter la pleine mobilisation de la municipalité et de la population locale autour de cet événement majeur. »
Des raison électoralistes ont été clairement invoquées pour justifier l’annulation de la cérémonie. Le directeur de cabinet du maire de Vendôme, Jean-Philippe Boutaric, qui se confiait au Point : « La proximité des élections locales, qui risque de limiter la pleine mobilisation de la municipalité et de la population locale autour de cet événement majeur. » Il a parlé aussi de « contexte géopolitique actuel, marqué par le conflit opposant l’État d’Israël et le Hamas, qui suscite des sensibilités particulières au sein de nos différentes communautés».
C’était sans compter sur la détermination et le courage d’Arlette qui a contacté les services du Premier ministre François Bayrou, et sous son impulsion une cérémonie a été programmée par la sous-préfecture de Vendôme. Arlette Testyler-Reimann, 92 ans, a prévu d’organiser une grande fête le 28 mai pour honorer la mémoire de ses bienfaiteurs.
Arrêté en 1941 lors de la « rafle du billet vert », il a été déporté en juin 1942 vers Auschwitz d’où il ne reviendra pas.
Arlette Testyler-Reimann, qui préside l’Union des déportés juifs de France, pour sa part, a confié au Point que son père, Abraham Reimann, quand il fut convoqué au commissariat, parce que Juif, demanda : « Mais qu’est-ce que je risque ? Je me suis battu pour la France de Voltaire, de Diderot, de Zola. » Arrêté en 1941 lors de la « rafle du billet vert », il a été déporté en juin 1942 vers Auschwitz d’où il ne reviendra pas.
La ministre en charge de la Lutte contre les discriminations, Aurore Bergé, avait réagît sur X : « Les petites lâchetés successives deviennent de grandes complicités. Les Justes ont sauvé nos compatriotes juifs. Et ils ont sauvé notre honneur »
Le 13 avril, la mairie fait volte face et affirme dans un communiqué adressé à la presse qu’elle « réaffirme sans ambiguïté son engagement pour cette cérémonie » et indique qu’une réunion se tiendra le 22 avril, en accord avec le délégué régional du Comité français de Yad Vashem et la Sous-préfecture, « pour définir les modalités de son organisation ».
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