Hesam Alaeddin, père de famille iranien, battu à mort pour avoir utilisé Starlink
Dans l’Iran frappé par un blackout internet total depuis plus de soixante jours, Hesam Alaeddin, un père de famille âgé de 40 ans, a été battu à mort par les forces de sécurité pour la seule possession d’un terminal Starlink. Ce drame, rapporté par Iran International et IranWire, illustre la répression implacable exercée par le régime des mollahs contre toute tentative de contourner le contrôle informationnel.
Publié le 3 mai 2026

Hesam Alaeddin a été frappé avec divers objets jusqu’à ce qu’il succombe sur place.
Hesam Alaeddin était un citoyen ordinaire, père de deux filles jumelles en bas âge. Arrêté il y a environ deux semaines, il a été conduit à son domicile pour une perquisition. La découverte d’un équipement Starlink a déclenché une violence extrême, les agents qui l’accompagnaient l’ont frappé avec divers objets jusqu’à ce qu’il succombe sur place.
Les autorités ont dissimulé son décès pendant plusieurs jours, retenant le corps avant de le restituer à sa famille sous condition de silence. L’inhumation s’est déroulée dans la discrétion la plus stricte, sous étroite surveillance policière. Une cérémonie de commémoration était prévue ce vendredi à la mosquée Al-Ghadir, boulevard Meyrdamad.
Ce cas tragique s’inscrit dans un contexte de répression généralisée, particulièrement féroce à l’égard de la jeunesse iranienne. Les protestations de janvier 2026, nées d’une crise économique profonde, ont été écrasées dans le sang. Des milliers de manifestants, dont une proportion importante de jeunes et d’étudiants, ont perdu la vie.
Arrestations massives et exécutions sommaires
Les arrestations massives, plus de 50 000 selon certaines estimations et les exécutions sommaires ou judiciaires se sont multipliées. Le 30 avril dernier, Sasan Azadvar, champion de karaté âgé de seulement 21 ans, a été pendu à Ispahan pour sa participation aux manifestations, accusé de « moharebeh » sur la base d’éléments contestés.
Le blackout internet, l’un des plus longs et des plus sévères de l’histoire récente, vise explicitement à dissimuler ces exactions et à isoler une jeunesse éduquée, connectée et porteuse d’aspirations démocratiques.
Starlink, bien qu’illégal et passible de peines lourdes voire de la peine de mort dans certains cas, représente pour beaucoup le seul moyen d’accéder à l’information libre.
Les autorités iraniennes traquent activement ces dispositifs, multipliant les perquisitions et les arrestations. La répression touche particulièrement les jeunes, vus comme le moteur du changement et donc comme une menace existentielle pour le régime. Des étudiants manifestent encore sur les campus, au péril de leur vie, perpétuant une tradition de résistance qui remonte aux soulèvements précédents.
Reza Pahlavi, fils du dernier chah d’Iran, a dénoncé avec force « le régime brutal et criminel » qui « tue sous la torture » et « massacre le peuple iranien » dans le silence imposé par la coupure des communications.
Le cas de Hesam Alaeddin, père de famille abattu pour un simple accès à internet, et celui des nombreux jeunes exécutés ou disparus, révèlent une stratégie délibérée : briser l’élan d’une génération qui refuse l’obscurantisme et la dictature.
Dans un pays où la jeunesse paie un tribu particulièrement lourd, ces drames ne constituent pas des incidents isolés, mais les symptômes d’un système qui, face à son essoufflement, ne trouve d’autre réponse que la violence.
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