Face aux fanatiques, la République ne pliera jamais
Trois femmes ont été poignardées ce matin, en pleine rue, porte de Clichy, à Paris. Selon les premiers éléments connus, le suspect, désormais entre les mains de la justice, aurait affirmé avoir agi parce qu’« Allah » lui aurait donné l’ordre. Les investigations suivent leur cours et il appartient à la justice d’établir les faits avec toute la rigueur que commande un État de droit. Mais il est une vérité qui, elle, ne souffre d’aucune hésitation.
Par Kamel Bencheikh
Publié le 27 juillet 2026

Trois femmes ont été poignardées ce matin, en pleine rue, porte de Clichy, à Paris.
Aucun dieu n’autorise le meurtre. Aucune religion ne peut servir de passeport moral à la barbarie. Et lorsqu’un fanatique transforme le nom de Dieu en arme pour frapper des innocents, ce n’est pas seulement un crime qu’il commet. C’est une déclaration de guerre contre la civilisation, contre la liberté et contre tout ce qui fait tenir une société libre.
Les trois victimes n’avaient commis qu’une seule « faute » : vivre librement. Marcher dans leur ville. Occuper l’espace public sans demander la permission à quiconque. Voilà précisément ce que les fanatiques exècrent. La femme libre est leur obsession. Son autonomie est une insulte à leur vision totalitaire du monde.
C’est pourquoi nous ne devons rien céder.
La République ne reconnaît ni fatwas, ni injonctions religieuses, ni prétendus commandements célestes. En France, une seule autorité s’impose à tous : la loi. Elle protège le croyant comme l’athée, le pratiquant comme celui qui ne croit en rien. Elle garantit à chacun la même dignité et les mêmes droits, sans distinction d’origine, de sexe ou de religion.
Depuis trop longtemps, certains préfèrent contourner le mot islamisme, comme si le silence pouvait désarmer les fanatiques. C’est l’inverse qui est vrai. Refuser de nommer une idéologie qui nourrit tant de violences revient à lui laisser le champ libre. Combattre l’islamisme n’a jamais signifié accuser les musulmans. C’est au contraire défendre tous ceux, musulmans compris, qui refusent que leur foi soit confisquée par des extrémistes.
Il ne doit pas davantage y avoir d’amalgame. Un assassin ne représente pas des millions de croyants. En République, chacun répond de ses actes et de ses actes seulement. C’est cette exigence qui nous distingue précisément de ceux qui raisonnent en meutes, en communautés ou en appartenances religieuses.
En revanche, il ne doit y avoir aucune faiblesse face au fanatisme. Aucune complaisance. Aucun accommodement. Aucune excuse culturelle, théologique ou politique.
À chaque attaque, notre réponse doit être plus de République, plus de laïcité, plus d’universalisme. Car c’est bien cela que les ennemis de la liberté cherchent à abattre.
Ils veulent que les femmes baissent les yeux. Elles continueront de marcher la tête haute.
Ils veulent remplacer la loi des hommes par leurs dogmes. La République leur opposera toujours la souveraineté de la loi commune.
Ils veulent semer la peur. Nous leur répondrons par une détermination sans faille.
Les terroristes et les fanatiques ne gagneront jamais tant qu’il restera des femmes et des hommes décidés à défendre, sans reculer d’un seul pas, la liberté, l’égalité et la République.
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