Des déserteurs de l’armée malienne rejoignent les rebelles touareg

La situation se complique au Mali. Bamako risque de tomber aux mains des islamistes. Des déserteurs de l’armée malienne rejoignent les rebelles touareg.

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 4 mai 2026

Des déserteurs de l’armée malienne rejoignent les rebelles touareg

« Une grande partie de la communauté touarègue a régulièrement pris les armes contre l'État malien »

La crise sécuritaire et politique qui prévaut au Mali, semble s’inscrire dans la durée alors qu’aucune issue au chaos n’est en vue. Bien au contraire, chaque jour qui passe apporte son lot de nouveaux éléments.

Le plus probable, c’est que la chute de la junte n’est qu’une question de temps. L’affaiblissement de la junte accentué par le retrait de l’Africa Corps d’une partie du nord du pays face au Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda, et aux Touareg du Front de libération de l’Azawad, qui ont repris le contrôle de nombreuses villes et autres camps stratégiques, n’est plus un secret pour personne.

Loin de pouvoir arranger les affaires de Assimi Goïta, ce dernier doit faire également avec des désertions au sein de l’armée régulière.

Les Touareg ne s’engagent pas dans les troupes maliennes

« Ces militaires, ont dû rejoindre les indépendantistes touareg du Front de libération de l’Azawad, même s’ils sont loin de partager avec eux ni l’idéologie, ni la spiritualité et encore moins la culture », nous confie une source du ministère des Affaires étrangères algérien. « Il s’agit tout simplement, selon notre interlocuteur, de s’épargner un quelconque règlement de comptes. » « Ces militaires, sont désarmés en attendant de s’assurer de leur loyauté », précise notre source, qui estime que ces déserteurs pourraient constituer en l’avenir « un renfort de qualité » pour les rebelles touareg (pas pour les djihadistes).

Concernant les Touareg du Mali, notre source nous explique qu’ils se sont toujours opposés au régime central de Bamako et que l’histoire des Touareg maliens l’a « démontré à plusieurs reprises » : « Une grande partie de la communauté touareg a régulièrement pris les armes contre l’État malien. » Ainsi, « il est très rare de croiser un Touareg en uniforme ». Autrement dit, les Touareg ne s’engagent pas dans les troupes maliennes.

Le pouvoir tribal de Bamako

Le pouvoir à Bamako est tribal, issu généralement des Bambara, qui sont l’ethnie la plus nombreuse du Mali, avec environ 31% de la population, et occupent une place centrale dans la fonction publique, la politique et l’armée.

En résumé, le pouvoir au Mali est davantage le fait de la politique et démographie et politique des peuples du Sud, particulièrement les Bambaras et des Malinkés, plutôt que d’une seule tribu spécifique. Ainsi, le pouvoir est majoritairement détenu par des élites issues des groupes noirs sédentaires du sud du pays et qui sont souvent perçues comme opposées aux populations nomades du nord, les Touareg.

Y. A. O.

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