Crise sécuritaire et politique au Mali : le président Tebboune propose la médiation de l’Algérie

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a déclaré, ce samedi soir, devant la presse que l’Algérie était prête à assurer une médiation pour résoudre la crise sécuritaire et politique que connaît actuellement le Mali, en prenant le soin d’écarter toute velléité d’ingérence.  

Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella

Publié le 3 mai 2026

Crise sécuritaire et politique au Mali : le président Tebboune propose la médiation de l’Algérie

Le président algérien a exprimé une distinction qu’il faisait entre le chef de la junte malienne et son cercle proche.

« Nous sommes désolés de ce qui se passe au Mali. Ce n’était pas une prophétie, mais on savait que les choses allaient se gâter parce que le Mali est entré dans une phase qui ne pouvait mener qu’à la déstabilisation », a déclaré le président algérien Abdelmadjid Tebboune, ce samedi soir, lors de l’entrevue périodique accordée aux représentants des médias algériens. Il ajoutera : « La voie de la raison, c’est (..) de discuter avec son peuple, d’essayer, même si la prise de pouvoir n’est pas constitutionnelle on pourra la constitutionnaliser. »

Le président algérien a tenu à écarter toute velléité d’ingérence de la part de  l’Algérie qui, a-t-il dit, « ne s’est jamais immiscée et ne s’immiscera jamais dans les affaires intérieures du Mali ou d’autres pays », en déplorant que le fait que « certains éléments qui ont failli au niveau national » cherchent à trouver un coupable, notamment en proférant des accusations contre l’Algérie. « L’Algérie a toujours été un pays frère pour le Mali », a-t-il martelé.         

Le chef de l’État algérien a ensuite évoqué les Accords d’Alger, signés en 2015 par l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita et les touaregs de la Coordination des mouvements de l’Azawad : « Les accords d’Alger sont un fait malien, pas un fait algérien. Certains veulent faire passer cela pour une immixtion de l’Algérie dans les affaires intérieures du Mali. Non. Les accords ont fait suite à ce qui s’est passé avant (..). Chaque fois qu’il y a un changement de direction au Mali, il y a une tentative de régler le problème par la force. La force ne règle pas les problèmes. »

Abdelmadjid Tebboune a ensuite affirmé que les Maliens finissent toujours par revenir au dialogue, avec l’aide de l’Algérie, notamment. Il s’est dit « persuadé » que les Maliens étaient capables de dépasser cette situation, rappelant que l’Algérie était prête à leur apporter son aide s’ils la sollicitaient, comme elle l’a toujours fait depuis 1962.     

« Nous n’allons pas déménager, le Mali ne va pas déménager et l’extrémisme n’a jamais été payant »  

Concernant la junte au pouvoir à Bamako, le président algérien a exprimé une distinction qu’il faisait entre le chef de la junte malienne et son cercle proche. Le général Assimi Goïta n’aurait, selon lui, jamais personnellement insulté l’Algérie et les tensions bilatérales seraient imputables à certains membres de son gouvernement, dont les prises de position hostiles auraient contribué à dégrader des relations déjà fragilisées.

« Je parle avec le cœur parce qu’on aime le Mali », a encore affirmé Abdelmadjid Tebboune. Nous n’allons pas déménager, le Mali ne va pas déménager et l’extrémisme n’a jamais été payant. » « Ce que nous avons fait avec d’autres pays africains, frères, dont le Niger est un exemple pour toute l’Afrique, a-t-il poursuivi (..) Nous sommes de plus en plus Africains. »

Y. A. O.

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