Colombes : exemple d’un écosystème islamiste en milieu municipal

Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau se rend ce lundi 26 mai à Nanterre, dans les Hauts-de-Seine. Ce déplacement intervient quelques jours après la publication du rapport gouvernemental sur l’entrisme frériste. L’objectif de cette visite est double, évoquer le cas de Colombes et renforcer la légitimité d’un préfet engagé dans un combat frontal contre l’islamisme.

Par Mohamed Sifaoui

Publié le 26 mai 2025

Colombes : exemple d’un écosystème islamiste en milieu municipal

Le préfet des Hauts-de-Seine Alexandre Brugère compte faire de Colombes un exemple de reconquête républicaine.

À Colombes, en effet, se structure un écosystème islamiste à dimension frériste, mêlant école, mosquée, réseau associatif et relais politiques. Dans ce département déjà sous surveillance préfectorale renforcée, l’État semble décidé à reprendre la main. Le préfet Alexandre Brugère, ancien Directeur de cabinet de Gérald Darmanin à Beauvau, compte faire de Colombes un exemple de reconquête républicaine.

Le chef de file de cet écosystème, entretenu depuis quelques années, mais surveillé par les services du Renseignement territorial de ce département, n’est autre que Stéphane Tchouhan, qui est, en même temps, le directeur de cabinet du maire écologiste Patrick Chaimovitch.

Le 7 mai 2025, la préfecture ordonne la fermeture administrative de l’institut Lissen. Motif officiel : sécurité incendie. Motif officieux, mais documenté : une école coranique de fait, avec enseignements religieux dès 3 ans, méthodes d’apprentissage par sourates, tapis de prière et affichage cultuel. En vérité, il ne s’agit pas de religion – c’est toute la nuance que le gouvernement devra expliquer – mais d’endoctrinement idéologique pour nourrir des enfants, dès leur jeune âge, à la sauce islamiste (port du voile, rejet des « mécréants », communautarisme et rejet des valeurs universelles…).

Le chef de file de cet écosystème, entretenu depuis quelques années, mais surveillé par les services du Renseignement territorial de ce département, n’est autre que Stéphane Tchouhan, qui est, en même temps, le directeur de cabinet du maire écologiste Patrick Chaimovitch. Ancien socialiste, converti à l’islam sous le nom d’Abderrahman, Tchouhan incarne un profil pivot : à la fois agent de la puissance publique et acteur central d’un écosystème communautariste. Il a aussi contribué à la mise en place de la mosquée Dignité, et intervient dans plusieurs structures et associations, signalées pour leur proximité avec les théories des Frères musulmans et, par extension, avec Musulman de France, (ex-UOIF) la branche non assumée des Frères musulmans en France.

Le cas de Colombes, outre qu’il illustre parfaitement l’avancée de l’islamisme à bas bruit, correspond parfaitement à la dynamique identifiée dans plusieurs rapports des services spécialisés depuis plusieurs années : ancrage local, contrôle associatif, emprise idéologique, et usage politique du religieux.

Le système s’appuie sur un maillage associatif et scolaire : écoles hors contrat comme Lesson Institute et Common Dev, associée à SCIO, mosquée locale, structures éducatives à rhétorique religieuse. Ce sont les jalons d’un enracinement idéologique subtil, inscrit dans une stratégie frériste de long terme. Il s’agit d’un modèle frériste type. Colombe est une sorte de « maison témoin » de ce que peuvent faire les islamistes à un niveau local, avec le concours conscient ou inconscient, d’élus cyniques ou naïfs, devant la montée de l’islam politique.

Le cas de Colombes, outre qu’il illustre parfaitement l’avancée de l’islamisme à bas bruit, correspond parfaitement à la dynamique identifiée dans plusieurs rapports des services spécialisés depuis plusieurs années : ancrage local, contrôle associatif, emprise idéologique, et usage politique du religieux. Cette stratégie, propre aux réseaux fréristes, vise moins l’affrontement que la capillarité. Le but n’est pas l’État islamique, mais l’État marginalisé, réduit à tolérer des zones d’autonomie idéologique. Il s’agit de créer discrètement, en misant sur le temps long, une contre-société, avec une contre-culture, basée sur un modèle antirépublicain et antilaïque. Ce n’est pas de la paranoïa, il s’agit de faits documentés et observés sur le terrain par tous les spécialistes qui travaillent sans œillères et sans dogmatisme sur l’islam politique. À vrai dire, rien de nouveau sous le soleil. La recette est aussi vieille que les Frères musulmans. C’est ce qu’ils ont appliqué – et ils continuent – pour réislamiser les sociétés musulmanes dans les pays musulmans et pour réislamiser les communautés installées en Europe.

Le combat contre l’islamisme ne se gagnera ni dans les cénacles parisiens ni dans les grandes mosquées, mais dans ces terrains concrets, où l’école, l’association et la mairie deviennent des enjeux de souveraineté.

C’est précisément cette stratégie d’entrisme que le cabinet de Bruno Retailleau veut briser à l’échelle nationale et c’est ce que le préfet des Hauts-de-Seine, Alexandre Brugère, veut démanteler sur son département. Dans son témoignage Combattre l’islamisme sur le terrain, il décrit une stratégie d’action ciblée : cellules départementales (CLIR), coordination interadministrative, et action directe sur une soixantaine de structures sous surveillance dans le département. Il note que près d’un tiers des mosquées locales sont sous influence islamiste ou menacées de l’être. Il évoque la montée de profils CSP+, professionnels et intégrés, qui développent un islamisme d’apparence « modérée » mais idéologiquement radicalisé. Il ne s’agit plus de prédication classique mais d’entrisme dans l’école, le sport, les associations et… la mairie même.

Colombes est à la fois laboratoire et révélateur. On y teste une stratégie islamiste d’occupation douce, mais aussi la réponse d’un État désormais résolu à en découdre. Même si cette approche ne semble pas encore faire l’unanimité. Le combat contre l’islamisme ne se gagnera ni dans les cénacles parisiens ni dans les grandes mosquées, mais dans ces terrains concrets, où l’école, l’association et la mairie deviennent des enjeux de souveraineté. Nous sommes tous prévenus.

M. S.

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