Algérie : à Sétif, Aïn El Fouara, une statue de femme, symbole de la ville, encore dégradée

Par Kamel Bencheikh

Publié le 24 février 2026

Algérie : à Sétif, Aïn El Fouara, une statue de femme, symbole de la ville, encore dégradée

La célèbre fontaine avec une statue de femme nue, symbole de Sétif, Aïn El Fouara, a été encore vandalisée. Sur la photo, l'arrestation de l'auteur d'un acte de dégradation similaire, pris en flagrant délit, le 29 juillet 2025.

À Sétif, ma ville natale, ce n’est pas seulement une statue qu’on a attaquée. C’est un visage familier qu’on a voulu effacer, un repère intime qu’on a tenté de faire taire. La vieille sentinelle d’Aïn El Fouara a encore été frappée, comme si certains ne pouvaient respirer qu’en détruisant ce qui tient debout.

Il y a dans ce geste quelque chose de misérable et de terriblement prévisible : la peur déguisée en vertu, la haine maquillée en morale, la violence qui se croit courage parce qu’elle s’attaque à la pierre plutôt qu’à ses propres ténèbres.

On voudrait croire que ce n’est qu’un acte isolé. Mais non. C’est toujours la même logique, la même obsession de faire disparaître ce qui rappelle que la vie est plus vaste que leurs interdits. Ils ne supportent ni la beauté, ni le corps, ni la liberté — alors ils frappent, encore et encore, comme si casser pouvait leur donner raison.

Il faut avoir l’honnêteté de le dire : l’islamisme n’est pas une dérive, c’est une entreprise de destruction. Une sécheresse de l’âme qui transforme tout en cible, tout en faute, tout en ennemi.

Et ce qui épuise, au fond, c’est cette impression de déjà-vu permanent. Comme si l’histoire bégayait sous les coups de ceux qui refusent d’avancer. Comme si chaque génération devait réparer les mêmes blessures infligées par la même obscurité.

Pourtant, il y a quelque chose d’indestructible dans cette silhouette meurtrie. Elle reste là, offerte au regard, comme pour dire que la violence peut briser la matière mais jamais ce qu’elle signifie.

Ils ont arraché un bras, mais ils n’ont rien compris.

On ne fait pas disparaître une idée à coups de marteau.

On ne fait pas taire une mémoire en la mutilant.

Et au bout du compte, leur rage révèle surtout leur faiblesse : ils ont peur d’une statue.

K. B.

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