Il y a 85 ans, l’Appel du 18-Juin

L’appel lancé par le Général de Gaulle le 18 juin 1940, depuis Londres, invitait les Français à refuser la défaite. Il marque la naissance de la Résistance et de la France libre. Peu entendu sur le moment, il reste l’un des discours les plus emblématiques de l’histoire française.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 18 juin 2025

Il y a 85 ans, l’Appel du 18-Juin

Le 18 juin au soir, sur les ondes de la BBC, Charles de Gaulle s’adresse aux Français et lance un appel à poursuivre le combat.

En juin 1940, la France traverse une crise majeure. L’Appel du 18-Juin est une réponse directe à une série d’événements dramatiques survenus en France et en Europe au printemps 1940, marqués par la défaite militaire française face à l’Allemagne nazie et les choix politiques du gouvernement français.

Diffusé vers 22 heures, l’appel du 18 juin n’a été que très peu entendu, même si chaque bulletin d’information français de la BBC en avait relu des passages jusqu’au lendemain. L’appel est peu relayé, mais il est pourtant publié dès le lendemain dans  Le Petit Provençal ainsi que dans Le Progrès, Le Petit Marseillais et Le Matin.

De mai à juin 1940, c’est la débâcle

L’armée française, mal préparée et désorganisée, est rapidement submergée. En quelques semaines, les forces allemandes avancent vers Paris, provoquant un effondrement militaire.

Fin mai-début juin ,c’est l’évacuation de Dunkerque avec l’opération Dynamo permettant l’évacuation de plus de 330 000 soldats alliés (dont environ 120 000 Français) vers le Royaume-Uni depuis Dunkerque. 

La France perd une grande partie de son matériel militaire, affaiblissant davantage sa capacité de résistance.

Le 14 juin, la chute de Paris 

Les troupes allemandes entrent dans Paris, déclarée ville ouverte pour éviter sa destruction. Le gouvernement français s’est replié à Bordeaux, et le moral national est au plus bas, amplifié par l’exode massif de millions de civils fuyant l’avancée ennemie.

Le 17 juin, le discours de Pétain

Le 16 juin, le maréchal Philippe Pétain devient président du Conseil après la démission de Paul Reynaud. Le 17 juin  Pétain prononce un discours radiodiffusé annonçant son intention de demander un armistice à l’Allemagne : « C’est le cœur serré que je vous dis aujourd’hui qu’il faut cesser le combat. » 

Ce discours est perçu comme une capitulation, et choque de Gaulle, qui y voit une trahison de l’honneur national et une rupture avec les engagements alliés, notamment envers le Royaume-Uni.

Ce discours est le déclencheur immédiat de l’Appel du 18 juin. Le général de Gaulle, convaincu que la guerre n’est pas terminée et que la France doit continuer à se battre, décide de s’opposer publiquement à Pétain en lançant son appel depuis Londres.

Charles de Gaulle, alors sous-secrétaire d’État à la Guerre dans le gouvernement Reynaud, est  un fervent défenseur de la poursuite du combat. Il  a une vision globale de la guerre et anticipe la mondialisation du conflit, prédisant que des puissances comme les États-Unis et l’URSS pourraient rejoindre la lutte, rendant la victoire alliée possible. Cette conviction, contraire au défaitisme ambiant, le pousse à agir pour mobiliser les Français.

Le 16 juin le général de Gaulle propose à Reynaud un projet d’union franco-britannique pour maintenir la France dans la guerre. Bien que ce projet échoue, Winston Churchill, impressionné par la détermination de De Gaulle, lui offre un accès aux ondes de la BBC pour s’exprimer. Cette opportunité est cruciale pour permettre à de Gaulle de lancer son appel.

Le Premier ministre britannique, Winston Churchill, farouche opposant à Hitler, soutient l’initiative de De Gaulle, voyant en lui un symbole de la résistance française.

Le 18 juin, dans l’après-midi, le texte de l’Appel est finalisé avec l’aide d’Élisabeth de Miribel, qui le tape à la machine dans l’appartement de De Gaulle à Londres. Le discours est diffusé à 22h (heure de Londres), après avoir été annoncé dans le programme de la BBC à 20h15. Cette infrastructure britannique est un déclencheur logistique essentiel, sans laquelle l’Appel n’aurait pas pu être diffusé.

7 000 soldats et 300 civils français rejoignent le général de Gaulle

Bien que l’Appel du 18 juin ait été peu entendu en direct en raison de son horaire tardif, de la censure de Vichy, et des perturbations liées à l’exode, il marque un tournant symbolique. 

Le texte est publié dès le 19 juin dans des journaux britanniques (The TimesDaily Express) et repris par quelques journaux français, comme Le Petit Provençal. Des tracts clandestins le diffusent en France, posant les bases de la Résistance.

Environ 7 000 soldats et 300 civils français présents en Grande-Bretagne rejoignent le général de Gaulle, formant le noyau de la France libre. Des figures comme Maurice Schumann ou le général Leclerc s’engagent rapidement.

Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle est presque seul, agissant sans légitimité officielle, mais l’audace de l’Appel, amplifiée par sa diffusion médiatique et son symbolisme, transforme le général de Gaulle en chef de la France libre. Les soutiens grandissent rapidement, posant les bases d’une résistance qui jouera un rôle clé dans la libération de la France en 1944.

M. D. P.

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