80 000 jeunes au Stade de France : Léon XIV comme une rock star

Ce vendredi soir, Saint-Denis. Le Stade de France n’est plus un stade, quatre-vingt mille jeunes de dix-sept à trente-cinq ans ont fait basculer l’enceinte et l’on comprend d’un seul regard que la France est mariale, fidèle à Celle qui a traversé les siècles sous le nom de Notre-Dame, de Lourdes, de La Salette, et dont une statue pèlerine, Reine de la Paix, se tient là, au milieu de la pelouse.

Par Marie Dolores Prost

Publié le 26 septembre 2026

Lorsque Léon XIV arrive, la jeunesse courre vers lui, il est une rock star ce soir, acclamé comme tel.

L’écran géant de la scène dessine une rosace multicolore un immense vitrail de lumière qui n’est pas de pierre comme à Notre-Dame, mais qui suffit à transformer le béton en nef. La pop-louange a déjà tout rempli, Glorious, Les Guetteurs, Monroe, Natasha Saint-Pier, et les voix s’élèvent, pures, amples, presque trop belles pour un stade, un cantique ouvrant la voie à un autre, deux mille cinq cents jeunes chantant à l’unisson, jusqu’à ce que l’on ne sache plus si l’on assiste à un spectacle ou à une prière qui a enfin trouvé sa mélodie.

Il y a de la gaieté dans les tribunes, celle d’une foi populaire qui n’a pas honte de crier, de taper des mains, de reprendre le refrain comme on le ferait dans une fête de village. Lorsque Léon XIV arrive, la jeunesse courre vers lui, il est une rock star ce soir, acclamé comme tel, « Bienvenue, très Saint-Père, en Seine-Saint-Denis » puis les saints de France qui défilent, Jeanne d’Arc et Sainte Blandine parmi eux, hommage rendu à la guerrière et à la martyre de Lyon, les cantiques qui reprennent plus vastes encore, la ferveur qui monte jusqu’à ce point où l’on croit qu’elle ne pourra plus grandir. C’est alors que le pape s’adresse aux jeunes et leur dit : « Merci à Dieu, merci à vous. Merci pour votre courage, merci pour votre présence, merci pour votre foi. Vous êtes les saints de France. »

Vous recevez des quantités de “je t’aime” sur les réseaux sociaux mais vous êtes seuls

On présente les reliques, la Sainte Tunique d’Argenteuil est là discrète dans son reliquaire monumental, vêtement de la Passion au milieu de ce stade. Autour d’elle, le fil des saints de France, Jeanne et Blandine, le fer et le sang, la fidélité jusqu’au bout. Et soudain, après l’exaltation, le silence, un vrai silence, qui impressionne, quatre-vingt mille personnes qui respirent les dernières notes d’un cantique qui flottent puis s’éteignent.

Le pape dit aux jeunes simplement  « Vous recevez des quantités de “je t’aime” sur les réseaux sociaux mais vous êtes seuls. Et celui qui vous accompagne, c’est Dieu, avec Amour. » Plus de likes, plus d’algorithme, plus de foule virtuelle qui applaudit et disparaît, seulement cette phrase, posée au milieu de la pelouse, sous les projecteurs encore allumés, pendant que le stade entier retient son souffle.

Puis le ciel s’ouvre sur un final qui embrase le Stade de France, gerbes d’or et de blanc sur la rosace encore allumée, sur la statue de Notre-Dame de France, sur la Tunique, sur les visages levés.

M. D. P.

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