Des intellectuels et des politiques se mobilisent pour la loi contre l’antisémitisme déposée par la députée Caroline Yadan
Elisabeth Badinter, Boualem Sansal, Bernard Cazeneuve, Manuel Valls, Jean-Michel Blanquer... Ils marquent, dans une tribune, leur soutien à la proposition de loi qui vise à lutter contre "les formes renouvelées de l'antisémitisme". Il y a toujours un niveau élevé d'actes antisémites en France. La haine contre les juifs augmente et l'islamisme est une idéologie organisée. Là où il y a l'islamisme, il y a la haine des juifs.
Par Karim Maloum
Publié le 1 avril 2026

La proposition de loi sera débattue à l'Assemblée nationale les 16 et 17 avril.
Portée par Caroline Yadan, députée de la circonscription des Français de l’étranger, la proposition de loi qui porte son nom entend répondre à « l’explosion des actes antisémites » et ses « formes renouvelées » depuis l’attaque perpétrée par l’organisation terroriste islamiste Hamas le 7 octobre 2023 sur le territoire israélien.
Les attaques antisémites en France ont pris des proportions qui remettent en cause le pacte républicain.
La hausse de l’antisémitisme n’est pas une illusion, mais bien une réalité. En France et dans toute l’Europe, la communauté juive est inquiète.
Dans une tribune publiée dans le magazine Le Point, mardi 31 mars, des politiques, des intellectuels et des acteurs de la société civile soulignent la nécessité d’ajuster l’arsenal législatif pour contrer l’antisémitisme qui ne cesse de muter et de gangrener la société française.
« Nous, associations engagées contre le racisme et l’antisémitisme, intellectuels, chercheurs, artistes, la soutenons parce qu’une haine que l’on croyait reléguée aux abysses de l’histoire resurgit aujourd’hui avec une force inquiétante », commence la tribune, qui poursuit : « Cette haine se manifeste au grand jour. Elle s’installe, persiste, se banalise parfois, et s’assume de plus en plus ouvertement. Elle est d’autant plus redoutable qu’elle est souvent contestée, minimisée ou disqualifiée au moment même où l’on tente de la nommer. »
« L’antisémitisme contemporain ne se présente plus toujours comme tel, soulignent les signataires de la tribune. Il emprunte d’autres mots, d’autres causes, d’autres justifications, et produit des effets très concrets : des individus assignés, sommés de se justifier, rendus responsables de ce qu’ils ne sont pas. »
« Il y a toujours, hélas, une bonne raison de haïr les juifs. Aujourd’hui, cette bonne raison se nomme Israël. Le désir d’anéantissement renaît de ses cendres. Le peuple paria a laissé place à l’État paria, mais l’intention demeure la même : délégitimer, exclure, effacer les Juifs de la surface de la terre », a déclaré Caroline Yadan devant la Commission des lois de l’Assemblée nationale.
La proposition de loi dite « visant à lutter contre les formes renouvelées de l’antisémitisme », déposée le mardi 19 novembre 2024 par la députée Caroline Yadan, est engagée dans la procédure parlementaire depuis janvier dernier et demeure en cours. Elle a été acceptée en commission des lois le 20 janvier et sera débattue à l’Assemblée nationale les 16 et 17 avril.
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