Lettre ouverte à celles et à ceux qui refusent de baisser les yeux sur l’avancée de l’islamisme ici et ailleurs
Par Kamel Bencheikh
Publié le 16 avril 2025

Depuis trop longtemps, en Belgique surtout mais partout ailleurs, nous tolérons l’intolérable. Ici, dans un quartier de Bruxelles, Molenbeek.
Il est des silences qui tuent, des accommodements qui rongent, des renoncements qui trahissent. Depuis trop longtemps, en Belgique surtout mais partout ailleurs, nous tolérons l’intolérable au nom d’un prétendu respect des différences, en oubliant ce qui nous unit.
À force de confondre tolérance et capitulation, nous avons laissé des enclaves idéologiques se dresser au cœur de nos villes. Non pas des quartiers où l’on vit différemment — cela, la République le permet et même l’honore, il suffit d’aller à Chinatown ou à Barbès— mais des territoires où l’on nie délibérément l’universel. Où l’on apprend aux enfants à se définir contre la société qui les entoure. Où l’on considère la laïcité comme une menace, la liberté d’expression comme une offense, et l’égalité entre femmes et hommes comme un scandale.
Assez.
Il ne s’agit plus de religion. Il ne s’agit plus d’immigration, ni de diversité. Il s’agit d’un projet politique, méthodique, structuré, qui avance à couvert, en profitant de notre peur de paraître « islamophobes », de notre lâcheté face aux injonctions victimaires, de notre démission culturelle.
On nous dit : « Ce qui arrive ici arrivera chez vous. »
Mais que signifie ce « ici » ? Une société tétanisée, fracturée, livrée au chantage des identités ? Un pays où l’on ne sait plus comment défendre ses principes sans trembler ? Où le sacré remplace le droit ? Où l’on ajuste les horaires de piscine, les menus scolaires et les programmes éducatifs aux desiderata des groupes les plus offensifs ?
Eh bien non. Cela n’arrivera pas. La République, la vraie, n’a pas à s’excuser d’exister. Elle n’a pas à quémander l’adhésion. Elle pose un cadre, elle accueille avec générosité, mais elle exige aussi. Elle ne demande pas d’oublier d’où l’on vient, mais elle refuse que cela serve de justification à l’instauration d’un ailleurs hostile dans ses murs.
À toutes celles et ceux qui, dans l’ombre, dans les écoles, les mairies, les associations, tiennent bon, enseignent, expliquent, s’opposent aux logiques communautaires : tenez bon. Vous n’êtes pas seuls.
À celles et ceux qui détournent le regard, qui n’osent plus dire ce qu’ils voient, qui acceptent par, lassitude ou par peur : relevez la tête. Il est encore temps.
Et à celles et ceux qui rêvent d’un monde sans universel, d’un pays fragmenté en mille appartenances concurrentes : sachez-le, nous ne vous laisserons pas faire. Il n’y aura pas de retour en arrière.
Ce combat n’est pas celui d’un peuple contre un autre. C’est le combat de la liberté contre la soumission, de l’égalité contre la domination, de la fraternité contre le repli.
Nous le mènerons. Pour nous. Et pour ceux qui viendront après nous.
K. B.
(*) Écrivain engagé, militant universaliste
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