La laïcité un bouclier contre l’islamisme
La République française devient laïque avec la loi du 9 décembre 1905 qui consacrera la séparation officielle entre l'État et les églises. Plus tard, en 1946, la laïcité est proclamée dans le premier article de la constitution. La laïcité ne s'oppose pas aux religions, elle s'oppose à la tendance de toute religion à gouverner l'ensemble de la vie.
Publié le 9 décembre 2025

Dans un contexte marqué par les attentats islamistes, la laïcité est invoquée comme un rempart contre la radicalisation.
La France commémorera le 120e anniversaire de la loi du 9 décembre 1905 sur la séparation des Églises et de l’État, pierre angulaire de la laïcité républicaine. Ce principe, qui garantit la liberté de conscience et la neutralité de l’État vis-à-vis des religions, est souvent célébré comme un pilier de l’identité nationale.
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La laïcité est le pilier central de la résistance face aux dérives religieuses totalitaires. La laïcité est très fragilisée par des concessions répétées, souvent faites au nom de la paix sociale. Ces compromis, loin de calmer les tensions, nourrissent des revendications qui ne sont pas compatibles avec l’égalité et la liberté.
Un héritage forgé dans les luttes du XIXe siècle
La laïcité française n’est pas née d’un consensus paisible, mais d’un combat contre l’influence dominante de l’Église catholique sur la société et l’État. Adoptée sous la IIIe République, la loi de 1905 visait à libérer l’individu des dogmes imposés, en confinant la religion à la sphère privée tout en protégeant la liberté de culte. Cela a permis de pacifier les tensions religieuses en affirmant que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte » .
Historiquement, la laïcité s’inscrit dans une tradition philosophique et idéologique plus radicale en France qu’ailleurs en Europe. Contrairement au modèle anglo-saxon de secularism, qui tolère une présence modérée des religions dans l’espace public, la version française est souvent décrite comme « négative » : l’État n’interfère pas dans les affaires religieuses, mais exige en retour une neutralité stricte des institutions publiques . Ce cadre a permis des avancées majeures, comme la sécularisation de l’enseignement public, mais il suscite aujourd’hui des interrogations sur sa rigidité.
L’islamisme est le premier et le grand obstacle à la vie citoyenne en France
Dans un contexte marqué par les attentats islamistes et la montée des extrémismes, la laïcité est invoquée comme un rempart contre la radicalisation.
L’école n’est plus un sanctuaire de la République. Pour la première fois depuis longtemps, les générations qui arrivent sont plus poreuses aux préjugés antisémites que les générations précédentes. Beaucoup d’entre eux sont biberonnés à l’islamisme et au complotisme.
Selon un sondage IFOP de 2023, 67 % des Français considèrent toujours la laïcité comme un principe fondamental, et 82 % estiment qu’elle est en danger. Des figures politiques comme Valérie Boyer, sénatrice LR, affirment sur X : « Face à la radicalité, je resterai engagée. La laïcité n’est pas l’effacement de notre histoire, mais la protection de nos libertés » .
Une autre situation. Des débats en cours, on se demande si certains partisans de la laïcité « radicale »qui continuent à s’opposer aux crèches de Noël dans les espaces publics, ne risquent-elles pas de dénaturer l’esprit initial en transformant un outil d’émancipation en instrument d’exclusion?
Quel avenir pour la laïcité ?
À l’aube de cet anniversaire, la laïcité reste un principe vivant, mais fragile. Si sa radicalisation peut protéger contre les extrémismes, elle risque aussi de la vider de son essence émancipatrice, en favorisant des divisions plutôt qu’une coexistence harmonieuse.
Comme l’exprime Loup Besmond, rédacteur en chef adjoint à La Croix, « une vertu de la laïcité, c’est pour l’État de protéger les religions contre leur propre radicalité » . Le défi pour la France sera de retrouver un équilibre, fidèle à l’esprit de 1905 : une laïcité inclusive, qui unit plutôt qu’elle n’exclut.
Des initiatives comme celles du Comité Laïcité République, qui cite Richard Malka affirmant que « la radicalité et l’extrémisme religieux doivent être combattus par tous les moyens » , montrent que le débat est loin d’être clos. En cette veille de commémoration, il est temps de réfléchir : la laïcité survivra-t-elle à ses propres excès ?
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