L'immigration est d’abord familiale et étudiante
La France a délivré 384 230 premiers titres de séjour en 2025
Davantage de titres de séjour sont délivrés, mais les interpellations et les expulsions augmentent également, comme le montrent les chiffres de l'immigration en 2025. La France et l'Union européenne sont confrontées à un défi majeur en matière de migration, marqué par des bouleversements géopolitiques qui secouent le monde. De nombreux migrants sont originaires de pays où l'islamisme fait ravage. La France a du mal à gérer le flux migratoire. Un sujet qui occupe une place centrale dans les débats en France.
Par Karim Maloum
Publié le 28 janvier 2026

Quatre titres de séjours sur dix concernent les trois pays du Maghreb.
En 2025, la France affiche une immigration record. Le bilan de la Direction générale des étrangers en France (DGEF) pour l’année écoulée témoigne de l’incroyable pression migratoire : 4,5 millions de titres de séjour valides, c’est une hausse globale de 3,2 % en un an. La France a délivré 384.230 premiers titres de séjour en 2025 (+11,2 %), avec notamment un envol des titres délivrés pour motif humanitaire.
Le constat est factuel : notre immigration est d’abord étudiante et familiale. Un titre sur trois a été délivré pour motif familial et un sur cinq correspond à un renouvellement de plein droit. Cela correspond à environ 1,5 million de titres familiaux et à 900 000 renouvellements de plein droit. Les titres de séjour valides pour motif « humanitaire » ont atteint, de leur côté, au 31 décembre 2025, un niveau considérable de plus de 700 000 unités.
Dix nationalités représentent près de 60 % des titres. Quatre titres sur dix concernent les trois pays du Maghreb (Algérie, Tunisie, Maroc). Au sein de la population étrangère en situation légale sur le territoire national, les Algériens arrivent en tête, avec plus de 658 000 ressortissants, suivis des Marocains (621 000), des Tunisiens (312 000) et des Turcs (232 000).
En revanche, les titres délivrés pour motifs économiques ont reculé de 13 % à 51 190. « On a un marché de l’emploi qui peut-être attire un peu moins la population étrangère » en termes d’embauches, mais aussi de salaires », explique Guillaume Mordant, responsable du département statistique de la DGEF. Mais le nombre de régularisations a baissé de 10,1 % et les expulsions ont bondi de 15,7 %, a annoncé ce mardi le ministère de l’Intérieur.
La délivrance des protections consulaires en nette progression
Plus de 190.000 étrangers en situation irrégulière ont été interpellés en France en 2025, soit une hausse de 30% par rapport à 2024, révèlent les derniers chiffres de l’immigration publiés par la direction générale des étrangers en France (DGEF) du ministère de l’Intérieur.
Sur le réseau X, Bruno Retailleau a défendu son bilan à Beauvau en évoquant la baisse des « admissions exceptionnelles au séjour » et une hausse des « éloignements des étrangers en situation irrégulière ». Mais a estimé que ses « efforts ont été contournés par la politique menée par le ministère des Affaires étrangères, combinée à des règles d’accueil automatique qui ont conduit à une augmentation sans précédent du nombre de titres de séjour ».
L’Algérie représente le premier pays d’accueil des étrangers expulsés (10%), mais les expulsions vers ce pays sont en baisse de 15% par rapport à 2024, année où le niveau était très élevé. Viennent ensuite le Maroc, la Tunisie, la Géorgie, la Roumanie ou encore l’Albanie.
La baisse des naturalisations s’explique par un recul des acquisitions par décret
Enfin 62.235 personnes ont acquis la nationalité française (-6,8% après une année « assez élevée »): cela s’explique par une baisse de 13,5% des acquisitions par décret, dans le sillage d’une circulaire de mai durcissant les conditions d’octroi.
Six sur dix de ces nouveaux Français étaient originaires d’Afrique, notamment des trois pays du Maghreb, a expliqué le responsable des statistiques.
La baisse des naturalisations s’explique par un recul des acquisitions par décret, dans le sillage d’une autre circulaire de Bruno Retailleau, signée en mai dernier, durcissant les conditions de naturalisation des étrangers. Un recul qui risque de se poursuivre en 2026, puisque depuis le 1er janvier, le texte prévoit que le niveau de langue requis pour devenir Français soit rehaussé, de B1 à B2.
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