Immigration en Europe : Près de 46 000 Algériens visés par l’obligations de quitter le territoire en 2025
Des centaines de milliers d'ordres de quitter le territoire ont été donnés aux ressortissants étrangers en situation irrégulière par les pays membres de l'Union européenne en 2025. Les Algériens figurent parmi les principales nationalités concernées. Cette situation s’explique principalement par le fait que la France est le pays qui a émis le plus grand nombre d’ordres d’expulsion, accueillant la plus grande communauté algérienne en Europe.
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella
Publié le 4 novembre 2026

Avec 491 950 obligations de quitter le territoire délivrées et 135 460 personnes effectivement renvoyées vers un pays tiers (hors UE), le taux d'exécution de ces ordres était ainsi de 27,5 % dans l'Union européenne en 2025.
En 2025, les ressortissants algériens ont été la première nationalité concernée par les décisions d’éloignement dans l’Union européenne, avec 45 890 ordres de quitter le territoire prononcés, devançant largement les autres nationalités, notamment, les Marocains (29 220 ordres), les Turcs (24 780 ordres) et Syriens (20 030 ordres), selon les données d’Eurostat.
Cette situation s’explique principalement par le fait que la France est le pays qui a émis le plus grand nombre d’ordres d’expulsion, accueillant la plus grande communauté algérienne en Europe.
En France, l’obligation de quitter le territoire français (OQTF) peut notamment être prononcée lorsqu’un étranger se trouve en situation irrégulière ou après un refus de titre de séjour.
La mesure peut prévoir un délai de départ volontaire, généralement fixé à 30 jours, ou imposer un départ sans délai. La personne concernée dispose également de la possibilité de contester la décision devant la justice administrative.
Toutefois, malgré ce nombre élevé de décisions administratives, les Algériens ne figurent pas parmi les cinq premières nationalités ayant effectué un retour effectif vers leur pays d’origine, en raison des obstacles administratifs tels que la délivrance des laissez-passer consulaires, explique encore Eurostat.
Il existe plusieurs raisons pour lesquelles il y a une faible exécution des obligations de quitter le territoire en France (10,9 % en 2025). Il existe de nombreux recours juridiques qui, bien qu’ils soient souvent couronnés de succès, les retardent ou les empêchent. La complexité des procédures est également accentuée par les problèmes administratifs, le manque de coopération des pays d’origine et le rejet des personnes concernées.
Un taux d’exécution de 27,5 % dans l’UE
Avec 491 950 obligations de quitter le territoire délivrées et 135 460 personnes effectivement renvoyées vers un pays tiers (hors UE), le taux d’exécution de ces ordres était ainsi de 27,5 % dans l’Union européenne en 2025.
Toujours selon les chiffres d’Eurostat, l’Allemagne a enregistré le plus grand nombre de retours, avec 29 295 personnes, devant la France (14 940) et la Suède (11 250).
Le rapport entre les retours et les ordres de départ atteint 53 % en Allemagne, contre 10,9 % en France.
En 2025, 135 460 ressortissants de pays tiers ont effectivement quitté un État membre de l’UE à la suite d’une décision d’éloignement, contre 112 040 en 2024, soit une hausse de 20,9 %.
Ce chiffre correspond à 27,5 % du nombre d’ordres de départ prononcés au cours de la même année. Il ne s’agit toutefois pas d’un taux d’exécution des seules décisions prises en 2025, puisque certains retours concernent des mesures prononcées les années précédentes.
Selon les statistiques d’Eurostat reprises par toute l’Europe, les ressortissants turcs arrivent en première position avec 12 785 retours, suivis des Géorgiens (10 330), des Syriens (8 265), des Albanais (7 970) et des Russes (5 670).
Ces statistiques englobent les départs volontaires et les retours forcés. Les différences observées entre les États membres peuvent notamment être liées aux procédures administratives, aux recours judiciaires et aux conditions d’organisation des éloignements.
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