Guerre au Moyen-Orient : Les islamistes houthis du Yémen revendiquent une frappe sur un site du géant pétrolier saoudien Aramco à Riyad

Un site du géant pétrolier Aramco à Riyad a été ciblé samedi par les islamistes houthis. L'Arabie saoudite, qui se trouve à la frontière du Yémen, est souvent la cible d'attaques de la part de cette organisation terroriste soutenue par les mollahs iraniens. L’offensive éclair, les islamistes Houthis yéménites ont pris le contrôle, vendredi 11 septembre, de la côte du Yémen sur la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l’Europe à l’Asie.

Par Karim Maloum

Publié le 4 octobre 2026

Guerre au Moyen-Orient : Les islamistes houthis du Yémen revendiquent une frappe sur un site du géant pétrolier saoudien Aramco à Riyad

Les appels de Riyad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.

Les Houthis pro-iraniens ont affirmé avoir ciblé samedi 3 octobre un site du géant pétrolier Aramco à Ryad. Il s’agit de la deuxième attaque de ce type en deux semaines. Les affrontements entre les Houthis et l’Arabie saoudite ne connaissent pas de répit depuis leur reprise en juillet. Celle-ci a ouvert un nouveau front dans la guerre au Moyen-Orient. Le royaume, frontalier du Yémen, y soutient le gouvernement internationalement reconnu.

Des raffineries saoudiennes ont déjà été touchées en juillet, en août et en septembre. Les exportations de pétrole et les infrastructures énergétiques de l’Arabie saoudite sont sous pression depuis le début de la guerre en Iran fin février. Les hostilités entre les Houthistes, soutenus par Téhéran.
L’offensive éclair, les islamistes Houthis yéménites ont pris le contrôle, vendredi 11 septembre, de la côte du Yémen sur la mer Rouge et des îles du détroit de Bab el-Mandeb, passage stratégique reliant l’Europe à l’Asie.

Ils ont désormais le contrôle total du détroit de Bab El Mandeb qui est un point de passage stratégique pour le commerce mondial et une partie du pétrole saoudien. Mieux : ils ont pris pied sur l’île de Périm, située au milieu du détroit.

La prise de positions proches de Bab el-Mandeb dépasse toutefois le seul cadre de la guerre yéménite. Le détroit constitue l’un des principaux corridors du commerce maritime mondial. Toute capacité accrue des Houthis à y exercer une pression militaire pourrait donc avoir des conséquences sur la navigation commerciale, les assurances maritimes, les chaînes d’approvisionnement et, plus largement, sur la sécurité économique internationale.

L’Arabie saoudite dans l’impasse après le refus de Donald Trump de frapper les Houthis

Face à cette situation qui complique encore le transport des hydrocarbures, l’Arabie saoudite aurait sollicité l’intervention urgente des États-Unis face aux avancées des Houthis sur la côte occidentale du Yémen.

Cette progression spectaculaire s’est effectuée sans opposition significative des forces gouvernementales yéménites appuyées par l’Arabie saoudite. Peine perdue pour l’instant : le président américain a dit non au prince héritier saoudien, cherchant à éviter une action militaire directe, susceptible de faire des victimes côté américain, et préférant rester concentré sur le détroit d’Ormuz.

Des attaques ont été perpétrées par les Houthis faisant des centaines de morts lors de leur dernière offensive terrestre, aggravant la crise humanitaire qui se pose dans le pays. La crise de la faim au Yémen, pays le plus pauvre de la péninsule arabique, menace de devenir « absolument dévastatrice », a averti vendredi le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU.

Emmanuel Macron a annoncé jeudi 24 septembre au journal de 20 heures de TF1 et France 2 l’envoi de « moyens militaires » en Arabie saoudite afin de « protéger » le site de Yanbu. Ce port situé sur la mer Rouge compte parmi les infrastructures énergétiques les plus stratégiques de la région.

Face à la crise des carburants qui persiste, la France accélère à l’international. S’il a assuré que les autorités faisaient «tout» pour «éviter» des pénuries, et que l’approvisionnement «en diesel, en gaz, en fioul» était garanti «d’ici à la fin de l’année», il n’a pas totalement écarté des problèmes début 2027 «si la crise devait empirer». En cause, a-t-il réaffirmé : la guerre au Moyen-Orient, et les tensions extrêmes dans les détroits stratégiques d’Ormuz et de Bab el-Mandeb, ainsi que, dans une moindre mesure, la guerre en Ukraine.

Par ailleurs, des tractations diplomatiques pour un règlement du conflit régional marquent le pas. Le site d’information américain Axios, citant trois responsables américains, a fait état d’une réunion vendredi à Camp David des principaux membres du cabinet de Donald Trump pour discuter des prochaines étapes envers l’Iran et la situation au Yémen. Les appels de Riyad à une aide internationale, notamment de la part de son allié américain, ont pour l’instant été infructueux.

K. M.

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