Garde à vue du tireur de Trappes levée pour des raisons psychiatriques : même un fou peut avoir une cible politique

Kevin T. a été transféré à l’infirmerie psychiatrique de la préfecture de police afin d’y être soumis à une période d’observation psychiatrique. Du cannabis et de la cocaïne ont également été retrouvés dans le sang du tireur. Avoir pris de la drogue peut-il absoudre de son crime un tueur. Et puis, pour commettre un massacre, il faut être au moins un peu fou. Il est crucial de ne jamais cacher l'arrière-plan idéologique et le climat politique dans lequel le geste meurtrier est perpétré, que ce soit par des explications psychologiques ou dans le cas d'un attentat antisémite, raciste ou islamiste. Parce que même la folie peut être une question politique.

Par Karim Maloum

Publié le 25 octobre 2026

Garde à vue du tireur de Trappes levée pour des raisons psychiatriques : même un fou peut avoir une cible politique

Vendredi à Trappes après la fusillade.

La France est devenue un asile à ciel ouvert. Il y a de la folie retenue dans plusieurs actes de barbarie lors de plusieurs attentats terroristes islamistes, antisémites ou racistes.

Ce dimanche la garde à vue du tireur, qui a fait un mort et cinq blessés, a été levée pour raisons psychiatriques annonce le parquet antiterroriste (Pnat). «À l’issue d’un examen psychiatrique de Kévin T. réalisé dans la soirée (de samedi, ndlr), sa garde à vue a été levée», a expliqué le Pnat dans un communiqué. En parallèle, l’analyse toxicologique réalisée sur l’assaillant a révélé «la présence de cannabis et de cocaïne dans son sang», a annoncé le parquet national.

Cependant, même si c’est une folie, elle ne peut masquer le mobile politique.Le meurtrier de Sarah Halimi assassinée à Paris en 2017 avait été déclaré irresponsable. Dans la nuit du 4 avril 2017, Kobili Traoré s’était introduit dans l’appartement de la victime, qui était aussi sa voisine. Il avait battu et défenestré cette femme de 65 ans. Cinq experts au total avaient examiné son profil. La drogue a été utilisée comme un moyen pour assouvir des pensées ou des pulsions homicides antisémites.

Le bilan de l’attentat terroriste à Trappes, qui a fait un mort et cinq blessés, alimente le débat sur la relation entre le terrorisme et les troubles mentaux. Mais les terroristes ne se trompent pas de cibles. L’auteur présumé des faits, Kevin T., âgé de 39 ans, a tiré en rafales depuis sa voiture à Trappes et La Verrière vendredi 23 octobre, ciblant les personnes «noires et arabes», selon les informations du Monde. D’après une source policière, il vivait à Plaisir (Yvelines).

La haine des juifs est même exprimée par des fous. Au moment où ils se lancent, ils ciblent des personnes de confession juive. C’est la même méthode utilisée par des individus fous pour s’en prendre aux démocrates, musulmans ou chrétiens.

Quatre jours après l’attaque au couteau qui a fait un mort à Paris le 2 décembre 2023, l’assaillant a été mis en examen pour « assassinat en relation avec une entreprise terroriste ». Armand Rajabpour-Miyandoab, 26 ans, est un homme radicalisé – il a fait allégeance à l’organisation État islamique. Il est aussi concerné par un trouble psychique.

Cela n’empêche pas qu’une personne puisse à la fois être concernée par un trouble psychique et adhérer à une idéologie de haine de l’autre. Cependant, un fou ne peut pas être un terroriste islamiste qui a une conviction profonde et qui sait où ses cibles se situent.

K. M.

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