Manon Relandeau portée disparue en France : l’arrestation du conjoint en Algérie confirmée
Le conjoint de Manon Relandeau, 31 ans, disparue le 27 mars en France, à Saint-Étienne-de-Montluc, a été arrêté en Algérie en compagnie de leur fillette de 15 mois. L’information sur cette arrestation nous a été confirmée par une source policière algérienne haut placée, qui nous a confié également que la fille du couple, Inaya, a été remise à des autorités françaises sans nous préciser lesquelles.
Par le correspondant de Rupture à Alger Yacine Aït Ouffella
Publié le 30 avril 2026

Abdelkarim. B, 41 ans, de nationalité algérienne, a bien été interpellé en Algérie.
© Rupture
Un officier supérieur de la Sûreté nationale (la police algérienne) nous a confirmé que le conjoint de Manon Relandeau, 31 ans, qui est toujours portée disparue en France, Abdelkarim. B, 41 ans, de nationalité algérienne, a bien été interpellé en Algérie, où il s’est rendu le 2 avril avec leur fille Inaya âgée de 15 mois.
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La même source policière nous a confié que la petite fille avait été remise aux autorités françaises sans pour autant préciser de quelles autorités il s’agissait précisément.
L’homme était visé par une notice rouge d’Interpol et c’est dans ce cadre qu’il a pu être arrêté.
Le suspect était par ailleurs déjà connu de la justice. Il avait été condamné, en 2019 à Nantes, à une peine avec sursis pour des violences conjugales sur sa compagne de l’époque.
Quelle suite sera donnée à l’arrestation de Abdelkarim. B ? À cette question, notre source a répondu : « Je ne peux rien dire de plus. Ce n’est pas du ressort de la police. L’affaire est entre les mains de la justice qui en communiquera en temps opportun. » Elle a ensuite rappelé la présomption d’innocence, un principe constitutionnel.
En réalité, bien que ce principe de la présomption d’innocence soit légalement garanti, il n’est pas toujours respecté, notamment avec le recours assez fréquent à la détention préventive.
L’extradition, une option très incertaine
Une autre question reste également en suspens. Abdelkarim. B, sera-t-il extradé vers la France ? Il est prématuré pour le moment d’avancer une quelconque hypothèse.
Il est vrai qu’une convention d’extradition signée entre la France et l’Algérie est signée en 2021 et prévoit la « possibilité de livrer une personne recherchée. Mais ce même texte exclut l’extradition des ressortissants nationaux ». Sauf que dans ce cas, le suspect est de nationalité algérienne, ce qui rend cette option très incertaine.
Dans les faits, les États refusent très majoritairement d’extrader leurs propres citoyens. Si Alger refuse, elle devra en revanche, à la demande de la France, engager des poursuites sur son territoire à partir des éléments transmis par les enquêteurs français.
L’enquête peut donc se poursuivre sans extradition. Le mandat d’arrêt international peut valoir mise en examen et la justice française peut aller jusqu’à un procès en l’absence du suspect.
Les recherches se poursuivent dans des conditions difficiles
Jusqu’à la rédaction de ces lignes, Manon Relandeau, agricultrice de 31 ans, est toujours introuvable en dépit des moyens mobilisés (y compris des drones) et le dispositif « exceptionnel » déployé par la gendarmerie française.
Un élément de taille vient compliquer les opérations de recherche. Interrogé par BFMTV, le lieutenant-colonel Caffart a fait état de difficultés rencontrées sur le terrain : « Les difficultés de ce terrain, ici on a une zone de marais, avec des étiers, des canaux avec de nombreux marais. Beaucoup de zones humides, difficilement accessibles, des zones marécageuses et boueuses. C’est difficile de progresser et ce sont des étendues très vastes. On a très peu d’habitations, car ce sont des zones pas habitables. On n’a peu d’appuis, de renseignement de la population. Ce sont des zones fréquentées un petit peu par des promeneurs, mais qui ne sont pas des zones avec des activités permanentes. C’est une zone peu empruntée au quotidien. »
Dans ce dossier, deux personnes ont par ailleurs été mises en examen les 22 et 23 avril pour « association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un crime » et « modification des lieux d’un crime », a indiqué le procureur de la République de Nantes Antoine Leroy. Les deux personnes ont été placées en détention provisoire.
Affaire à suivre…
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