Le Parti socialiste se met à courir derrière le train de l’«islamophobie»
Ah, qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour les élections ! Après d'autres partis de gauche, voilà que le Parti socialiste se met à courir derrière le train de l'«islamophobie» où est bien installée, en première classe, La France Insoumise qui en a fait son cheval de bataille depuis plusieurs campagnes électorales. En mettant dans son projet de nouveau programme le terme «islamophobie», le PS risque de perdre la possibilité de concurrencer LFI à gauche, en allant sur un terrain déjà bien occupé par le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, et risque de perdre son âme.
Publié le 29 avril 2026

Il est clair que ce "projet" de programme est destiné aux prochaines élections de 2027, la présidentielle et les législatives.
Dans son projet de nouveau programme, « projet, base transmise aux fédérations et aux militant-es », le parti socialiste a introduit une terminologie empruntée à La France Insoumise, en parlant de lutte « contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie ».
Ainsi, le PS pense pouvoir reprendre la première place à gauche en allant jouer sur le terrain de La France Insoumise ! Naïveté ou pensée suicidaire ? Sur ce terrain-là de la lutte contre l' »islamophobie, LFI est bien installée, avec une sorte de monopole. Donc, non seulement c’est peine perdue que d’essayer de concurrencer le mouvement de Jean-Luc Mélenchon, l’ancien dirigeant socialiste laïcard devenu chantre du communautarisme, pour un parti à la dérive depuis dix ans que François Hollande veut reprendre en main mais cela risque de lui faire perdre jusqu’à son âme.
Il est clair que ce « projet » de programme est destiné aux prochaines élections de 2027, la présidentielle et les législatives. Et on sait bien que souvent en politique on est prêt à retourner sa veste pour des postes, des sièges d’élus. D’aucuns vont jusqu’à se renier, se compromettre, comme c’est le cas aujourd’hui de la direction du Parti socialiste qui se met au communautarisme électoraliste quitte à se désavouer, renoncer à ce qui fait -ou faisait- son essence-même, l’universalisme.
Un « Secrétariat national à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie »
En réalité, cette histoire a commencé il y a dix mois lorsque la direction du Parti socialiste a créé un « Secrétariat national à la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et l’islamophobie ».
Le pire pour le PS, c’est que ce reniement a peu de chances de lui rapporter électoralement -puisque c’est de cela qu’il s’agit clairement ; ce vote communautaire recherché profite plutôt à LFI et ce n’est pas un mot ajouté dans un programme qui va bouleverser la situation d’un « marché » nettement dominé par « l’entreprise » Mélenchon. Et, au-delà, de cette bataille perdue d’avance, le Parti socialiste pourrait voir les universalistes, qui constituent sans doute son socle principal, s’éloigner et voir s’accélérer sa perte de vitesse dans le champ politique.
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