Guerre au Moyen-Orient : les États-Unis et l’Iran échouent à trouver un accord de paix, le Pakistan exhorte Washington et Téhéran à respecter le cessez-le-feu
Après 21 heures de discussions inédites, le vice-président américain a quitté le Pakistan dimanche, après l’échec des négociations entamées samedi avec Téhéran pour mettre fin au conflit. Le détroit d’Ormuz et le nucléaire iranien ont cristallisé les tensions.
Par Karim Maloum
Publié le 12 avril 2026

J. D. Vance, le vice-président des États-Unis, a déclaré dimanche matin qu'aucun accord n'avait été conclu.
Des pourparlers tendus. Le vice-président américain J.D. Vance a annoncé dimanche que la délégation américaine quittait le Pakistan sans être parvenue à un accord avec l’Iran au terme de 21 heures de négociations, déclarant que l’Iran avait choisi de ne pas accepter les conditions américaines.
« Nous rentrons aux Etats-Unis sans être parvenus à un accord », a déclaré JD Vance lors d’une brève conférence de presse à Islamabad, où Américains et Iraniens négociaient depuis samedi, à un niveau inédit entre les deux pays ennemis depuis la Révolution islamique de 1979.
Ne mentionnant pas explicitement le détroit d’Ormuz lors de sa conférence de presse J.D. Vance a placé la question du nucléaire au cœur de l’échec des discussions, tout en laissant entendre qu’il accordait encore du temps à l’Iran pour examiner l’offre des Etats-Unis.
«Je ne vais pas rentrer dans les détails et négocier en public, après que nous avons négocié pendant 21 heures en privé. Mais le fait est que nous devons constater un engagement ferme à ce qu(e les Iraniens) ne cherchent pas à se doter de l’arme nucléaire, ni des moyens qui leur permettraient d’y parvenir rapidement», a-t-il déclaré en conférence de presse.
Vice President JD Vance gives an update in Pakistan:
— The White House (@WhiteHouse) April 12, 2026
"The simple fact is that we need to see an affirmative commitment that they will not seek a nuclear weapon, and they will not seek the tools that would enable them to quickly achieve a nuclear weapon." pic.twitter.com/il4THN5DwV
JD Vance a réaffirmé que les États-Unis étaient parvenus à détruire les installations d’enrichissement dont les Iraniens disposaient. Il a toutefois constaté ne pas avoir été assuré, au cours des négociations, qu’ils ne chercheraient pas à en développer une dans un futur lointain.
La question du détroit d’Ormuz reste la pierre d’achoppement dans les négociations entre les deux parties, ont rapporté plusieurs sources.
L’Iran exige le ccontrôle du détroit d’Ormuz
Dimanche, Téhéran a souligné que personne ne s’attendait à ce que les États-Unis et l’Iran parviennent à un accord dès le début des négociations, selon le porte-parole de la diplomatie iranienne. «Il était évident dès le départ que nous ne devions pas nous attendre à atteindre un accord en une seule session (de négociations). Personne ne s’y attendait», a déclaré Esmaeil Baqaei à la télévision d’État iranienne, évoquant «une atmosphère de suspicion et de méfiance».
Pour parvenir à un accord, Téhéran exige des réparations de guerre ainsi que le et l’instauration d’un droit de péage dans ce carrefour maritime par lequel transitent 20 % des exportations mondiales de pétrole et de gaz naturel liquéfié (GNL).
Les Etats-Unis formulent des exigences excessives concernant le détroit », ainsi que « des exigences inacceptables sur plusieurs autres questions », selon l’agence de presse Fars. « La délégation américaine a entravé les progrès des négociations avec ses habituelles demandes excessives », d’après l’agence de presse Tasmin, ajoutant que la question du détroit d’Ormuz demeure « l’un des sujets qui suscitent de vives divergences ».
Peu avant, les Etats-Unis ont annoncé que deux navires de la marine américaine avaient franchi le détroit d’Ormuz pour préparer son déminage. Il « sera bientôt ouvert », a affirmé Donald Trump.
L’Iran a rejeté les affirmations de Washington selon lesquelles deux navires de guerre de la marine américaine auraient traversé le détroit d’Ormuz pour déminer cette voie navigable stratégique, Téhéran avertissant que tout navire militaire tentant de franchir le détroit «ferait l’objet de mesures sévères».
Le Pakistan appelle au maintien du cessez-le-feu
Le Pakistan a exhorté dimanche les Etats-Unis et l’Iran à respecter la trêve de deux semaines en vigueur, malgré l’échec de leurs négociations de paix à Islamabad : « Il est impératif que les parties continuent à respecter leur engagement en faveur du cessez-le-feu », a déclaré le ministre pakistanais des Affaires étrangères, Ishaq Dar, dont le pays a été l’hôte des négociations et a servi de médiateur.
Le Pakistan a été et sera toujours là pour faciliter le dialogue entre la République islamique d’Iran et les États-Unis d’Amérique dans les jours à venir.
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