Le parquet de Paris confirme l’examen d’un signalement visant la députée Caroline Yadan
Le parquet de Paris confirme l’examen d’un signalement déposé contre la député macroniste Caroline Yadan par la députée LFI Gabrielle Cathala qui reproche à sa collègue d’avoir partagé de fausses informations à propos de la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens Francesca Albanese et de ses positions vis-à-vis d’Israël. L’examen du signalement par le parquet intervient dans un climat de forte polarisation sur la proposition de loi qui vise à lutter contre "les formes renouvelées de l'antisémitisme". La liberté d’expression et les positions diplomatiques françaises au Proche-Orient se superposent aux clivages partisans.
Publié le 2 avril 2026

L’affaire trouve son origine dans une séance de questions au gouvernement à l’Assemblée nationale où Caroline Yadan a interpellé Jean-Noël Barrot sur des déclarations de Francesca Albanese.
Le parquet de Paris a confirmé, ce mercredi 1er avril, s’être saisi d’un signalement déposé par la députée La France insoumise Gabrielle Cathala à l’encontre de Caroline Yadan, députée de la 8e circonscription des Français établis hors de France et apparentée au groupe Ensemble pour la République.
Les faits reprochés concernent la diffusion présumée de « fausses nouvelles » relatives aux propos tenus par Francesca Albanese, rapporteuse spéciale des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés.
Bien que les détails de cette procédure demeurent confidentiels, l’annonce intervient dans un contexte politique déjà surchauffé, marqué par des tensions récurrentes sur la question israélo-palestinienne et par des attaques mutuelles entre la majorité présidentielle et La France Insoumise, régulièrement accusée par ses adversaires de tolérer des discours antisémites.
L’affaire trouve son origine dans la séance de questions au gouvernement du 12 février dernier à l’Assemblée nationale. Caroline Yadan avait alors interpellé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot sur les déclarations de Francesca Albanese, prononcées lors d’une intervention vidéo le 7 février dans un forum organisé par la chaîne Al Jazeera. La rapporteuse de l’ONU y avait évoqué un « ennemi commun de l’humanité » en lien avec un « système » ayant permis, selon elle, un « génocide » à Gaza.
Des extraits de ces propos, relayés sur les réseaux sociaux par l’ONG UN Watch et par la députée elle-même, ont été interprétés comme une mise en cause directe d’Israël. Caroline Yadan avait ensuite cosigné, avec une cinquantaine d’élus de la majorité, un courrier demandant des mesures à l’encontre de la rapporteuse onusienne.
Le parquet de Paris devra déterminer si les éléments transmis constituent une infraction au titre de l’article 27 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse.
Caroline Yadan : une figure engagée dans la lutte contre l’antisémitisme sous pression
Élue dans la 8e circonscription des Français de l’étranger (qui inclut Israël), Caroline Yadan s’est imposée comme une voix majeure dans la lutte contre ce qu’elle qualifie de « formes renouvelées d’antisémitisme ». En janvier 2026, elle a déposé une proposition de loi visant à élargir le délit d’apologie du terrorisme et à créer un nouveau délit réprimant la provocation à la destruction ou à la négation d’un État reconnu par la France, notamment l’État d’Israël.
Pour Caroline Yadan, la ligne rouge a été franchie : « Appeler à la destruction de l’État d’Israël, c’est appeler à la mise en danger vitale d’un peuple entier », déclarait-elle lors d’un dîner du CRIF. Ses détracteurs, à gauche, l’accusent cependant d’instrumentaliser la lutte contre la haine pour discréditer ses adversaires. « Caroline Yadan utilise l’antisémitisme comme une arme électorale », a notamment déclaré Aymeric Caron, député LFI, qui dénonce une « honte pour la vie politique française ».
Portée par Caroline Yadan, députée de la circonscription des Français de l’étranger, la proposition de loi qui porte son nom entend répondre à « l’explosion des actes antisémites » et ses « formes renouvelées » depuis l’attaque perpétrée par l’organisation terroriste islamiste Hamas le 7 octobre 2023 sur le territoire israélien, cette proposition de loi, cosignée par près de 120 parlementaires dont certains socialistes tels que François Hollande, doit être examinée en séance publique à l’Assemblée nationale dans les prochaines semaines.
Ce projet de loi suscite de vives controverses, certains juristes et élus d’opposition y voyant une restriction potentielle à la liberté d’expression et à la critique légitime de la politique israélienne.
L’examen du signalement par le parquet intervient donc dans un climat de forte polarisation, où les débats sur l’antisémitisme, la liberté d’expression et les positions diplomatiques de la France au Proche-Orient se superposent aux clivages partisans. Le parquet rendra ultérieurement sa décision sur l’ouverture ou non d’une enquête préliminaire.
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