ELECTIONS MUNICIPALES
Le dilemme du PS sur l’alliance ou pas avec LFI en question
Le premier tour des élections municipales a été marqué par une percée de La France Insoumise et les alliances du mouvement de Jean-Luc Mélenchon avec le Parti socialiste dont le premier secrétaire Olivier Faure semble dire une chose et son contraire sur cette question de l’alliance entre le PS et LFI, avec cependant une nuance de taille, car en déclarant qu'"il n'y aura pas d'accord national entre LFI et le PS", pas d'accord "national" sous-entend possibilité d'accords locaux.
Publié le 17 mars 2026

Olivier Faure et Manuel Bompard du temps du Nouveau Front populaire.
Le Parti socialiste était devant un dilemme en vue du second tour des municipales. Les résultats du premier tour ont montré une grande avancée de La France Insoumise dans de grandes villes, comme Toulouse, Lille, Roubaix, Limoges, Nantes. Le Parti socialiste était devant un dilemme en vue du second tour des municipales.
Les résultats du premier tour ont montré une avancée significative de La France Insoumise dans des grandes villes comme Toulouse, Lille, Roubaix, Limoges, Nantes, parfois même en situation de l’emporter au second tour. Sur X, Jean-Luc Mélenchon s’est félicité d’une « magnifique percée ».
À Toulouse, quatrième ville de France, les candidats LFI et PS-Écologistes ont annoncé une liste commune, en bonne position pour battre le maire divers droite sortant Jean-Luc Moudenc. Celui-ci a pointé du doigt les contradictions du Parti socialiste au sujet de cette question des alliances avec La France Insoumise, en rappelant notamment des déclarations de la présidente PS de la région Occitanie Carole Delga qui s’était farouchement opposée à toute forme d’alliance avec LFI.
« Pas d’accord national » mais des alliances locales
Après l’annonce des résultats du premier tour des législatives, dimanche soir, le premier secrétaire du Parti socialiste Olivier Faure écarte l’idée d’alliance avec La France Insoumise, affirmant que pour le deuxième tour, « il n’y aura pas d’accord national entre LFI et le PS ». Suite à des accords et des alliances au niveau local entre des candidats et des listes socialistes et insoumises, le même Olivier Faure déclare comprendre parfaitement ces accords, ces alliances.
Ce revirement spectaculaire de la position de la direction du Parti socialiste sur l’alliance ou pas avec La France Insoumise aux municipales fait beaucoup réagir, en interne au PS, sur la scène politique et dans l’opinion publique, entre désaccord, désaveu, dénonciation, questionnement, étonnement.
Ceci dit, il y a un détail qui semble avoir échappé aux détracteurs d’Olivier Faure. Dans sa première déclaration, dimanche soir, il n’a pas dit clairement « pas d’accord » avec La France Insoumise, il a dit « pas d’accord national », ce qui peut laisser entendre qu’il n’écartait pas des accords locaux. La direction du Parti socialiste se veut pragmatique. Olivier Faure aurait tout aussi bien pu dire au sujet de La France Insoumise : « Nous ne sommes pas d’accord avec eux mais nous avons besoin d’eux. » Comprendre que les socialistes ont besoin des insoumis pour ne pas perdre des grandes villes, pour garder ou obtenir des postes, comme à Toulouse où le candidat socialiste a signé pour faire gagner le candidat insoumis à la mairie et avoir en contrepartie la présidence de la métropole.
Maintenant, la question se pose : ce manque de clarté de la part du Parti socialiste, ces revirements, les contradictions qu’il a montrées, à l’occasion de ces élections municipales seront-ils mis sur le compte d’une stratégie politique et d’une tactique électoraliste tout à fait ordinaires ou seront-ils considérés une erreur grave et un reniement des « principes » et des « valeurs » du parti, comme certains socialistes l’ont suggéré ou l’ont déclaré ? L’avenir nous le dira… dans les urnes.
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