Municipales 2026 : LFI bouscule la campagne d’entre-deux-tours à gauche

La gauche indigne. Ils dénoncent l'extrême droite, mais ils s'associent à l'extrême droite islamiste. Allié à La France insoumise dans de nombreuses villes comme Toulouse, Brest, Nantes et Clermont-Ferrand, le Parti socialiste est ciblé par les critiques de ses opposants et de certains de ses adhérents et dirigeants comme Jérôme Guedj et François Hollande en vue du second tour des élections municipales. Seuls les candidats de gauche à Paris, Marseille, Rennes et Bordeaux s’y refusent.

Par Karim Maloum

Publié le 17 mars 2026

Municipales 2026 : LFI bouscule la campagne d’entre-deux-tours à gauche

Le PS joue un délicat jeu d'équilibriste dans cette dernière ligne droite.

Moins de 24 heures après les résultats du premier tour, le parti socialiste et EELV se vendent à Mélenchon et LFI pour quelques sièges dans les conseils municipaux. Toulouse, Nantes, Limoges, Avignon, Brest, Clermont-Ferrand… Il y a une longue liste de villes où les socialistes ont accepté de s’allier avec LFI, bien que le premier secrétaire du PS ait écarté l’idée d’alliance avec La France Insoumise.

C’est le cas par exemple, de la maire PS sortante de Nantes, Johanna Rolland, talonnée par la droite au premier tour des municipales dans ce bastion socialiste, qui a conclu lundi une alliance avec La France Insoumise en vue du second tour.

Le PS joue un délicat jeu d’équilibriste dans cette dernière ligne droite. Les maires sortants sont prêts à tout pour ne pas perdre leur bastion historique. Les valeurs et les principes sont en arrière-plan. Pourtant opposés à Jean-Luc Mélenchon sur le plan national, ils ont finalement fusionné leur liste avec celle des candidats LFI, par peur de perdre ces bastions historiques du socialisme.

Les responsables du centre, de la droite et du Rassemblement national ont multiplié les invectives, ce qui a provoqué une pluie de critiques. «Ce ne sont pas des accords locaux, c’est un accord national», a critiqué Gabriel Attal, le patron de Renaissance. «Honte et déshonneur» pour Bruno Retailleau (Les Républicains), comportement «hypocrite» d’une gauche uniquement déterminée à «sauver ses mandats», a fustigé Marine Le Pen (RN).

Un ton semblable à celui d’un autre ex-Premier ministre, lui aussi ancien socialiste, Manuel Valls. Lequel, estimant que «les socialistes ont choisi le déshonneur» en s’alliant avec François Piquemal à Toulouse, a appelé à voter… Jean-Luc Moudenc, qui concourait avec l’étendard présidentiel.

Plusieurs dirigeants socialistes ne partagent pas cette stratégie. Pour François Hollande, dans les villes où LFI est arrivée en tête, « là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter […] la meilleure des solutions c’est soit le retrait soit le maintien« . Sans donner de « consignes » mais plutôt un « avis« , il exclut toute alliance.

« Soit le retrait soit le maintien », mais pas d’alliance

Pour François Hollande, dans les villes où LFI est arrivée en tête, « là où nous ne sommes pas en capacité de l’emporter […] la meilleure des solutions c’est soit le retrait soit le maintien« . Sans donner de « consignes » mais plutôt un « avis« , il exclut toute alliance.

Invité de La Grande Interview ce mardi, Jérôme Guedj, député PS de l’Essonne, a souligné qu’il «n’approuvait pas» les accords locaux entre socialistes et insoumis en vue du second tour des élections municipales. 

«Pour moi, la politique commence toujours par des valeurs et des principes», a assuré le député socialiste de l’Essonne Jérôme Guedj. «J’ai mal à la gauche républicaine que j’essaie de porter, que j’incarne avec d’autres, qui motive ma candidature à l’élection présidentielle et qui fait un grand écart qui m’est insupportable», a-t-il toutefois reconnu, après de nombreuses fusions de listes de gauche allant du PS jusqu’aux insoumis. «Ça fait mal à la cohérence politique».

«Quand je constate qu’il y a un hiatus, qu’il y a un grand écart, je le dis, je ne me tais pas. Et donc oui, après la déclaration du PS, je ne peux que regretter qu’au moment où nous avons pris cette position très nette (condamnation de propos antisémites et complotistes d’insoumis, NDLR), au nom d’un combat politique local, on passe ça par-dessus bord», déplore-t-il. «Il y avait un autre chemin qui était praticable», selon lui.

Raphaël Glucksmann juge les alliances entre LFI et le reste de la gauche « ni éthiquement justes, ni électoralement payantes »

« Je ne crois pas à ces fusions. Je ne pense pas qu’elles soient éthiquement justes, ni électoralement payantes« , juge Raphaël Glucksmann sur Franceinfo, au lendemain des alliances tissées entre le PS, les Écologistes et La France insoumise dans plusieurs villes de France au vu du second tour des municipales.

«Avec Place publique, nous refusons toutes ces fusions sans exception avec La France insoumise», indique-t-il alors, précisant que tous les candidats de son parti se retireraient de telles alliances. «On ne s’allie pas avec un parti qui tient des propos antisémites ou qui menace les principes mêmes de la République.»

K. M.

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