Emmanuel Macron n’a « pas la confirmation » d’un déploiement de mines navales dans le détroit d’Ormuz

Guerre au Moyen-Orient : les pays de l’AIE libèrent 400 millions de barils de pétrole, pour amortir les crises

L'Agence internationale de l'énergie (AIE) a décidé, mercredi 11 mars, un déblocage record de 400 millions de barils, le plus grand volume de réserves pétrolières stratégiques de son histoire, afin de contrer les effets de la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Ces stocks servent de filet de sécurité en cas de chocs économiques ou de perturbations. L’efficacité réelle de cette mesure reste discutée.

Par Karim Maloum

Publié le 11 mars 2026

Guerre au Moyen-Orient : les pays de l’AIE libèrent 400 millions de barils de pétrole, pour amortir les crises

Les 32 pays membres de l’AIE ont décidé, à l’unanimité, de libérer 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques.

Le paradoxe du dirigeant politique : être à la fois visionnaire et gestionnaire du quotidien. Comment faire baisser les cours du pétrole ? La question divise le monde politique et financier. Les États-Unis et Israël ont échangé de nouvelles frappes avec l’Iran à travers le Moyen-Orient mercredi, au douzième jour de la guerre.

Mardi, les Gardiens de la révolution iranienne ont prévenu que Téhéran ne permettrait aucune exportation de pétrole depuis la région via le détroit d’Ormuz tant que Washington et Israël poursuivraient leurs attaques.

« Préparez-vous à voir le baril de pétrole atteindre 200 dollars », a déclaré mercredi le commandement militaire iranien.

Les 32 pays membres de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) ont décidé « à l’unanimité », mercredi 11 mars, de libérer sur les marchés 400 millions de barils de pétrole provenant de leurs réserves stratégiques, le déblocage « le plus important » de l’histoire de l’institution, a annoncé l’AIE, afin de contrer les effets de la guerre au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz. Ces stocks servent de filet de sécurité en cas de chocs économiques ou de perturbations.

Le pétrole maintenu proche des 90 dollars le baril (après avoir grimpé jusqu’à 119 dollars), l’Agence internationale de l’énergie (AIE) a préparé le plus important déblocage de réserves de son histoire.

Cette mesure pourra-t-elle stabiliser les prix à la pompe ou les baisser?

« Les pays de l’AIE vont mettre 400 millions de barils de pétrole (…) à la disposition du marché pour compenser la perte d’approvisionnement due à la fermeture effective du détroit » d’Ormuz, a annoncé le directeur exécutif de l’agence de l’énergie de l’OCDE, Fatih Birol, lors d’une déclaration vidéo mercredi. C’est la sixième fois que l’AIE coordonne un déblocage des stocks stratégiques de pétrole.

Cette décision vise à faire baisser les prix du pétrole alors que la crise iranienne et les perturbations des expéditions passant par le détroit d’Ormuz continuent de provoquer de violents chocs sur les marchés de l’énergie.

Cette mesure poura-t-elle stabiliser les prix à la pompe ou les baisser? Comme toute guerre, les conséquences ne sont pas connues d’avance. Les membres de l’AIE détiennent plus de 1,2 milliard de barils dans leurs stocks d’urgence, auxquels s’ajoutent 600 millions de barils de stocks détenus par l’industrie au titre d’obligations gouvernementales.

Il y a des interprétations différentes de cette décision inédite. Les membres de l’AIE ont débloqué 182 millions de barils en deux étapes après l’invasion massive de l’Ukraine par l’armée russe le 24 février 2022. À présent, le volume total libéré est plus du double. Cela n’a pas empêché l’inflation et l’augmentation des dettes privées et publiques.

Emmanuel Macron n’a « pas la confirmation » d’un déploiement de mines navales dans le détroit d’Ormuz

Emmanuel Macron a assuré, mercredi 11 mars, qu’il n’avait « pas la confirmation, ni par des services partenaires ni par nos propres services » de renseignement de l’utilisation de mines navales par l’Iran dans le détroit d’Ormuz, estimant que « ce serait un choix lourd » que ferait Téhéran.

Hier, d’après un média américain CBS News, les services de renseignement américains ont constaté « des signes indiquant que l’Iran déploie des mines dans le détroit d’Ormuz ». D’après ces sources, l’armée iranienne ou les Gardiens de la révolution utilisent de petites embarcations pouvant transporter deux à trois mines chacune.

C’est une escalade sans précédent depuis le début de la guerre. Si pour une raison quelconque des mines ont été posées (dans le détroit d’Ormuz) et qu’elles ne sont pas retirées immédiatement, les conséquences militaires pour l’Iran seront sans précédent », a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. « Si, en revanche, ils retirent ce qui a pu être posé, ce sera un pas de géant dans la bonne direction ! », a-t-il ajouté.

Peu après, l’armée américaine a fait savoir qu’elle avait détruit 16 bateaux iraniens qui avaient des mines à proximité du détroit.

K. M.

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