Mobilisation des lycéens : 256 000 manifestants en France selon le ministère de l’Intérieur, 450 000 d’après les organisateurs

Ce mardi 6 octobre marque l'acte III du mouvement de mobilisation lycéenne. Des dizaines de milliers de lycéens descendent dans la rue toute la journée. Ils sont rejoints par des syndicats, des enseignants et des étudiants. Beauvau dénombre plus de 250.000 manifestants dans toute la France, dont 56.000 à Paris.

Par Rédaction Rupture

Publié le 6 octobre 2026

Mobilisation des lycéens : 256 000 manifestants en France selon le ministère de l’Intérieur, 450 000 d’après les organisateurs

Les lycéens, soutenus par les organisations étudiantes et des syndicats, ont repris la rue ce mardi.

Au moins 450 000 manifestants se sont mobilisés en France dans le cadre de « l’acte 3 » de la mobilisation des lycéens mardi 6 octobre, dont 100 000 à Paris, selon les chiffres communiqués à franceinfo par l’intersyndicale de la jeunesse (USL, Fage, Union étudiante, Unef) . De son côté, le ministère de l’Intérieur fait état de 256 000 manifestants en France, dont 56 000 dans la capitale.

La CGT rapporte à l’AFP qu’elle valide cette estimation, sa dirigeante Sophie Binet affirmant sur LCI qu’elle «démontre qu’il y a une nouvelle amplification de la mobilisation des jeunes». Pour cet acte III d’un mouvement qui a démarré mi-septembre à Créteil avant de s’étendre, le cortège parisien s’est élancé vers 14H30 depuis la place de République en direction de Nation.

Comme à chaque fois qu’il y a une manifestation ou un rassemblement, les casseurs perturbent voire dénaturent ces actions. Vers 16 heures, au moins plusieurs dizaines de personnes habillées en noir ont brisé des marchepieds de magasins pour en faire des projectiles, qui ont été lancés contre les forces de l’ordre sur la place de la Nation. Les CRS ont répliqué en lançant un nombre assez important de lacrymogènes sur l’avant du cortège.

Ensuite, les individus coupables de troubles, tous de noir vêtus, ont été empêchés de se joindre à la manifestation ou ont été isolés sur la place de la Nation.

Paris, Strasbourg, Rennes, Lyon, Nîmes, Toulon… « Quelques dizaines de blocages ou de rassemblements devant des lycées » ont déjà été répertoriés, selon le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. De son côté, l’Union syndicale lycéenne affirme que « 1 800 lycées » sont bloqués, « un nouveau record ».

« L’ultraviolence a frappé à la porte des lycées », dénonce Sébastien Lecornu

Le locataire de Matignon est revenu sur le bilan du mouvement des lycéens, lors des questions au gouvernement à l’Assemblée nationale. Il a pris le temps de défendre le travail de la police, jugeant que parler d' »instructions politiques de répression policière » est un « mensonge ». « On ne peut pas laisser un espace de tolérance à la violence », a-t-il encore ajouté.

Sébastien Lecornu a accusé La France insoumise (LFI) d’avoir le « projet politique » de « bordéliser le pays » avant l’élection présidentielle et de « semer le chaos » depuis le début du mouvement des lycéens, qui manifestent mardi.

« La réalité, c’est que vous êtes ambigus avec la violence car la violence fait partie de votre projet politique de bordélisation du pays entre maintenant et l’élection présidentielle ». « Mentir sur les intentions du gouvernement ne vous sauvera pas électoralement. Semer le chaos comme vous le faites depuis le début du mouvement lycéen est un scandale » et « nous ne vous laisserons pas faire », a répondu le Premier ministre, vivement attaqué par la présidente du groupe insoumis, Mathilde Panot.

« Dans une démocratie qui fonctionne, la responsabilité individuelle des individus, des citoyens, y compris des mineurs, existe », « brûler un lycée n’améliore pas la situation bâtimentaire des lycées », « lyncher un professeur n’améliore pas le taux de remplacement des professeurs », a déclaré le Premier ministre, lors de la séance des questions au gouvernement.

« Il n’y a pas de service public dans la République sans que la classe politique ne fasse corps derrière » les fonctionnaires, a-t-il ajouté, en jugeant « pas acceptable » qu’il y ait « une banalisation de cette violence contre les personnels de l’éducation nationale ». « L’ultraviolence a frappé à la porte des lycées », a-t-il tonné.

Laurent Nuñez assure que les forces de l’ordre agissent « toujours avec proportionnalité »

Laurent Nuñez répond au député écologiste Benjamin Lucas et affirme que les interventions des forces de l’ordre sont « toujours faites avec proportionnalité ».

« Quand vous dites que les forces de sécurité intérieures utilisent des armes de guerre c’est n’importe quoi, ce sont des armes intermédiaires qui sont non létales. Arrêtez de faire croire à notre jeunesse n’importe quoi », lance le ministre de l’Intérieur. « On va continuer à maintenir l’ordre, à intervenir à chaque fois qu’il y a des violences, avec proportionnalité », ajoute-t-il.

Les ministres de l’Intérieur Laurent Nuñez et de l’Éducation nationale Édouard Geffray seront auditionnés mercredi par les députés à l’Assemblée nationale, au lendemain de l’«Acte III» d’un vaste mouvement lycéen sous haute tension.

Depuis le début du mouvement mi-septembre, 215 élèves ont été blessés. Un lycéen de 16 ans avait perdu l’usage d’un œil lors d’un blocage et lundi, un adolescent de 15 ans a eu la main arrachée par une grenade à Lens.

R. R.

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