Fragilisé par le rejet de ses mesures sur le logement, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, convoque des élections anticipées le 29 novembre

Les députés ont rejeté, vendredi, les deux décrets prévoyaient notamment de suspendre jusqu'en 2030 les expulsions de personnes vulnérables. Les difficultés du Premier ministre espagnol sont similaires à celles rencontrées par la plupart des formations démocratiques en Europe de gauche comme de droite.

Par Karim Maloum

Publié le 5 octobre 2026

Fragilisé par le rejet de ses mesures sur le logement, le Premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, convoque des élections anticipées le 29 novembre

Comme dans de nombreux métropoles européennes, il y a une pénurie de logements à un prix abordable.

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, a annoncé, lundi 5 octobre, la convocation d’élections anticipées le 29 novembre, après le rejet au Parlement des mesures pour protéger les locataires présentées par son gouvernement.

La crise du logement qui touche l’Espagne a été récemment exacerbée après l’expulsion à Madrid de Maricarmen Abascal, une femme de 87 ans, qui a déclenché une vague de manifestations et l’installation d’un campement de militants en plein coeur de Madrid.

Au début des années 2000, en effet, l’Espagne avait pour habitude de construire à tour de bras des logements. Son économie était entièrement basée sur la bulle immobilière. Grâce à des prêts à taux avantageux, les familles de la classe moyenne ont pu se lancer dans l’achat de logements. Le béton a connu un arrêt net en 2008 à la suite de la crise des subprimes, marquant ainsi la fin de son âge d’or.

Face au fait que les propriétaires ne sont plus en mesure de rembourser leurs crédits, une action en justice a été lancée : on a dénombré environ 600 000 expulsions de familles en seulement cinq ans.

Comme dans de nombreux métropoles européennes, il y a une pénurie de logements à un prix abordable qui constitue l’un des principaux problèmes sociaux en Espagne et dans plusieurs pays d’Europe, y compris la France.
D’après la Banque d’Espagne, le pays, où vivent quelque 50 millions d’habitants, compte un déficit de 700 000 logements.

Des dizaines de milliers de personnes manifestent

« Pour mener en profondeur les réformes en suspens dont nous avons besoin (…), nous devons nous mobiliser et obtenir que le Parlement nous accorde une majorité bien plus large, progressiste, grâce à laquelle nous pourrons faire plier les élites, conquérir de nouveaux progrès sociaux et continuer à transformer l’Espagne », a déclaré le dirigeant socialiste, lors d’une allocution solennelle à partir du palais de la Moncloa.

« J’ai décidé de convoquer dès ce matin un conseil des ministres extraordinaire afin de dissoudre les chambres et de convoquer des élections législatives qui se tiendront le dimanche 29 novembre », a-t-il ajouté.

Portés par le gouvernement, ces deux décrets prévoyaient notamment de suspendre jusqu’en 2030 les expulsions de personnes vulnérables, ou le renouvellement automatique des contrats de location. De gigantesques manifestations pour le logement ont rassemblé samedi des dizaines de milliers de personnes à Madrid et dans d’autres villes espagnoles.

K. M.

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