Terrorisme islamiste : Cinq personnes mises en examen pour des soupçons de financement du Hamas par l’intermédiaire d’associations humanitaires

Terrorisme islamiste. Cinq personnes ont été mises en examen à Paris pour financement du Hamas, via deux associations humanitaires. Trois d’entre elles figurent sur une liste noire américaine, accusées d’avoir détourné plus de deux millions de dollars destinés à Gaza. Washington a détaillé vendredi un système de collecte de fonds transférés ensuite vers un responsable du Hamas, ce que les personnes mises en examen contestent.

Par Karim Maloum

Publié le 4 octobre 2026

Terrorisme islamiste : Cinq personnes mises en examen pour des soupçons de financement du Hamas par l’intermédiaire d’associations humanitaires

Selon Washington, ces asociations ont participé pendant plusieurs années à un système ayant permis de collecter plus de deux millions de dollars (1,8 million d’euros environ) au profit du Hamas.

Cinq personnes ont été mises en examen, soupçonnées d’avoir, « par le truchement de deux associations, fait parvenir des fonds à un tiers, collecteur de fonds pour le compte de l’organisation terroriste islamiste du Hamas, ce qu’elles contestent », a fait savoir, samedi 3 octobre, le parquet national antiterroriste (PNAT).

Cette affaire s’inscrit dans un contexte plus large de surveillance des flux financiers vers des zones de conflit au Proche-Orient. Le Pnat, cité par l’AFP, a indiqué que les investigations portent sur des millions d’euros potentiellement détournés.

Trois des cinq personnes mises en examen ce week-end en France pour des soupçons de fonds transférés au Hamas figurent sur une liste noire publiée par les autorités américaines, au terme d’investigations menées de Paris à Washington. Sont visés Faouzi B. (association « Baraka », en Gironde), son frère Nordine B., ainsi qu’Amel O. (association « Ensemble C Mieux », dans la Loire). D’après Washington et plusieurs éléments recoupés, ils auraient pris part pendant plusieurs années à un réseau ayant collecté plus de deux millions de dollars (1,8 million d’euros environ) au profit du Hamas.

Les cinq suspects ont d’abord été placés en garde à vue mardi par les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) chargée des investigations. Puis une information judiciaire, qui permet à un juge d’instruire le dossier, a été ouverte vendredi pour « financement d’entreprise terroriste, en l’occurrence le Hamas », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ».

Alors que le Pnat avait «requis le placement en détention provisoire des deux présidents des associations», le premier «a été incarcéré provisoirement dans l’attente d’un débat contradictoire différé qu’il a sollicité», établit le ministère public. «Mon client a participé à des collectes de fonds dans un but exclusivement humanitaire, une détention serait scandaleuse», a commenté auprès de l’AFP Me Lucie Simon, son avocate.

Le second responsable d’association a été placé «sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, saisi par le juge d’instruction antiterroriste», poursuit le Pnat. Ni la localisation des deux associations en France, ni le montant des sommes incriminées, n’ont été dévoilés par le Pnat. Les autres avocats des suspects, sollicités par l’AFP, n’ont pas souhaité faire de commentaire.

Le PNAT n’a pas révélé où se trouvent les deux associations en France ni le montant des sommes qui leur sont reprochées

Tout a débuté par une enquête préliminaire ouverte initialement le 21 avril pour soupçon de «financement du terrorisme et association de malfaiteurs terroriste en vue de crimes contre les personnes». Il est donc reproché aux suspects d’avoir, «par le truchement de deux associations, fait parvenir des fonds à un tiers, collecteur de fonds pour le compte du Hamas, ce qu’elles contestent», expose encore le Pnat.

Le PNAT n’a pas révélé où se trouvent les deux associations en France ni le montant des sommes qui leur sont reprochées samedi. Mais trois des cinq personnes mises en examen sont liées à une liste noire publiée vendredi par les autorités américaines.

Ce ne sont pas les seuls impliqués dans le financement supposé du Hamas. Dans le cadre d’une autre enquête antiterroriste ouverte en novembre 2023 par le Parquet national antiterroriste (Pnat), cinq personnes, dont Boubaker El Hadj Amor, imam de la Grande Mosquée de Poitiers, ont été mises en examen fin février pour des soupçons de financement du Hamas sous couvert d’aide humanitaire. 

Les suspects, liés aux associations Humani’Terre et Soutien Humani’Terre, sont poursuivis pour « financement d’une entreprise terroriste », « abus de confiance en bande organisée » et « blanchiment d’abus de confiance en bande organisée en relation avec une entreprise terroriste ». Tous ont été placés sous contrôle judiciaire.

K. M.

La rédaction vous conseille

Envie de lire tous les articles ?

Débloquez immédiatement tous les articles. Sans engagement.

Abonnement

Débloquez immédiatement tous les articles.

Je m'abonne

Newsletter

Recevez chaque semaine les titres à la Une

Inscrivez-vous
Activer les notifications OK Non