Affaire Bardella-antisémitisme : vous avez dit « dédiabolisation » ?
Après des années et des années d'entreprise de "dédiabolisation" - notamment concernant l'antisémitisme - du Front national puis du Rassemblement national menée par Marine Le Pen, la fille allant jusqu'à tuer le père, voilà que le parti se retrouve dans une affaire où son président est mis en cause pour antisémitisme.
Publié le 1 octobre 2026

Le RN a été, en novembre 2023, le premier parti à répondre à l'appel à une marche contre l’antisémitisme.
Dédiabolisation. C’est le maitre-mot de la stratégie de séduction engagée par Marine Le Pen depuis une quinzaine d’années pour convaincre que son parti n’était pas antisémite. Mais en 2011, pour réaliser son objectif, il y avait un repoussoir, Jean-Marie Le Pen, qui a tenu des propos pour lesquels il a été condamné pour antisémitisme. Elle l’a sacrifié. La fille a tué le père pas pour le remplacer -il s’est fait lui-même remplacé par elle- mais pour le renier politiquement pour dire à tout le monde en gros « moi, je ne suis pas antisémite comme mon père ».
Il faut dire que Marine Le Pen a réussi son entreprise de dédiabolisation dans les médias et au-delà dans une partie de l’opinion publique qui n’était pas acquise aux idées du Front national et du Rassemblement national. La preuve : malgré la sortie, régulièrement, d’informations faisant état de cas d’antisémitisme au sein du parti, cela n’a pas eu plus d’effet que cela. Même lorsque, aux dernière législatives, en 2024, il a été recensé 45 candidats sur les listes RN pour avoir tenu des propos antisémites, racistes ou homophobes.
Chassez le naturel, il revient au galop. Dans la base du parti. A la direction et au niveau des élus, on fait très attention. Le RN a été, en novembre 2023, le premier parti à répondre à l’appel à une marche contre l’antisémitisme lancé par la présidente de l’Assemblée nationale et le président du Sénat. Sa participation a été annoncée haut et fort et rappelée à chaque occasion depuis deux ans.
Ces militants pris en flagrant délit de racisme et d’antisémitisme, la direction du parti les appelle « brebis galeuses » et les lâche, les expulse. Mais lorsqu’il s’agit du berger ?
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