Les États-Unis quittent l’Irak, laissant derrière eux un pays dans le chaos et les islamistes en embuscade

Les derniers soldats américains quittent l'Irak ce mercredi 30 septembre, marquant ainsi la fin de plus de 20 ans de présence militaire dans ce pays. L'intervention américaine en Irak a été une erreur quasiment sur toute la ligne, et elle a eu des conséquences incalculables. Le pays a été plongé dans une situation chaotique. Les islamistes risquent de prendre le pouvoir. Les milices chiites ont refusé d'être désarmées.

Par Karim Maloum

Publié le 30 septembre 2026

Les États-Unis quittent l’Irak, laissant derrière eux un pays dans le chaos et les islamistes en embuscade

Une manifestation en hommage à l'ayatollah Ali Khamenei, à Bagdad, le 1er mars, en criant des slogans anti-Israël et anti-États-Unis.

Aucune cérémonie n’est prévue le mercredi 30 septembre en Irak, plus de 20 ans après ce 20 mars 2003 où Américains et Britanniques lançaient l’invasion du pays par 150.000 soldats américains et 40.000 britanniques, le bilan est catastrophique. Le pays a basculé dans le chaos. 23 ans d’instabilité ont coûté la vie à 200.000 civils irakiens. La revue The Lancet avance même le chiffre de 600.000 en comptant les victimes indirectes.

Les forces américaines ont quitté l’Irak en 2011 sous la présidence de Barack Obama, mais y sont retournées trois ans plus tard, après la prise de contrôle de vastes régions du pays par l’État islamique (EI). Depuis, leur rôle a évolué, passant des opérations de combat à la formation, au conseil et au partage de renseignements.

Au plus fort de la guerre en Irak en 2007, plus de 170 000 soldats américains étaient déployés dans le pays. En décembre 2023, avant la conclusion de l’accord de retrait, ce chiffre était tombé à environ 2 400, selon le Commandement central américain.

Ce retrait définitif avait été conclu il y a deux ans par l’administration de l’ex-président américain Joe Biden et l’ancien Premier ministre irakien, Mohammed Chia al-Soudani. À l’époque, il était également prévu que les milices chiites présentes dans la région, proches de l’Iran, soient désarmées. Toutefois, depuis le début de la guerre en Iran, après l’attaque conjointe lancée par les États-Unis eux-mêmes et leur allié israélien le 28 février dernier, ces milices ont repris les combats, notamment dans le Kurdistan irakien.

Les islamistes ont mis en garde le gouvernement de M. Zaïdi

L’Irak est en proie au conflit que Donald Trump mène contre l’Iran depuis février dernier. Les islamistes chiites dans le pays négocient encore leur désarmement. La guerre déclenchée par Donald Trump et Benyamin Netayhou a consolidé les islamistes qui sont alliés à l’Iran.

Pendant les premiers mois de la guerre menée par Donald Trump, les milices et les forces iraniennes avaient lancé « plus de 600 attaques sur les infrastructures militaires et diplomatiques des États-Unis », rendant l’Irak vulnérable, détaille le quotidien économique américain The Wall Street Journal

Si des factions ont annoncé l’intégration de leurs brigades armées dans les institutions de l’État, plusieurs groupes armés influents ont en effet refusé de rendre les armes. Ces groupes, dont les terroristes islamistes avaient posé comme condition à leur désarmement le départ des troupes internationales, mais aussi la fin de toute influence américaine, politique comme économique.

Ashab al-Kahf : le bras armé de la République islamique d’Iran au Kurdistan irakien

Ashab al-Kahf, littéralement « peuple de la caverne », est un groupe chiite jihadiste irakien pro-iranien. Cette milice, très opaque, est relativement peu documentée. D’ailleurs, aucun de ses dirigeants n’est clairement identifié. Elle est devenue le bras armé de la République islamique d’Iran au Kurdistan irakien.

La milice chiite irakienne, affiliée à l’Iran, a fait son apparition en août 2019 sur X après plusieurs attaques aériennes présumées menées contre des groupes islamistes en Irak. « Les Américains et les Israéliens devraient savoir que les attentats à la bombe entraîneront des attentats à la bombe, des assassinats pour assassinats et des enlèvements pour enlèvements », annoncent-ils alors.

Les islamistes ont mis en garde le gouvernement de M. Zaïdi, soutenu par Washington : « un gouvernement qui n’oeuvre pas pour le bien de son peuple sera renversé par tous les moyens possibles ». Aucun changement n’est jamais observé chez les islamistes. Ils ont pour dessein de mettre en place un État islamique.

K. M.

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