Face au front anti-Mélenchon, La France Insoumise tente une nouvelle OPA sur la gauche

Conscient de la montée d'un front anti-Mélenchon en vue de la prochaine présidentielle, Manuel Bompard dénonce, sur RTL, une "détestation de Jean-Luc Mélenchon" orchestrée par plusieurs partis, dont le Parti socialiste. Le leader Insoumis tire une partie de sa force de la faiblesse incroyable de ses rivaux sociaux-démocrates suspendus à la tenue d'une primaire au mois d'octobre. Le parti Les Écologistes se divise sur la stratégie à adopter pour 2027. Marine Tondelier défend l’union de la gauche, surtout avec Jean-Luc Mélenchon. Un grand boulevard est ouvert devant la candidature de Mélenchon.

Par Karim Maloum

Publié le 21 août 2026

Face au front anti-Mélenchon, La France Insoumise tente une nouvelle OPA sur la gauche

Mélenchon est conscient que ses rivaux à gauche ne sont pas prêts et se sentent perdus dans leurs divisions.

La France Insoumise fait sa rentrée politique à Châteauneuf-sur-Isère, près de Valence, durant le week-end du 20 au 23 août. Au micro de RTL, le coordinateur de La France insoumise, Manuel Bompard, a pointé du doigt une détestation de Jean-Luc Mélenchon qui est orchestrée par plusieurs partis, dont le PS.

Alors que La France insoumise appelle les mouvements de gauche à se ranger derrière sa candidature pour la présidentielle, le parti de Jean-Luc Mélenchon refuse catégoriquement tout rapprochement avec le Parti socialiste. Le coordinateur de La France insoumise pointe du doigt des « polémiques politiciennes » visant à discréditer les Insoumis.

Ce dimanche 23 août, Jean-Luc Mélenchon clôturera les « Amfis », les universités d’été de La France insoumise. Mélenchon est conscient que ses rivaux à gauche ne sont pas prêts et se sentent perdus dans leurs divisions. Son image a subi une forte dégradation. On peut constater qu’il y a un front anti-Mélenchon dans la société française.

Sept Français sur dix voient le leader de LFI Jean-Luc Mélenchon comme « un handicap pour faire gagner la gauche » à la présidentielle, selon un sondage publié par La Tribune Dimanche ce samedi 9 mai.

La majorité des sympathisants de gauche est opposée à la candidature de Jean-Luc Mélenchon. Parmi les sympathisants de gauche, 55% perçoivent la candidature du tribun insoumis comme un handicap pour la gauche et 39% comme un atout.
Mélenchon est conscient que ses rivaux à gauche ne sont pas prêts et se sentent perdus dans leurs divisions.

Le quadruple candidat insoumis doit en partie sa force à l’invraisemblable faiblesse de ses rivaux sociaux-démocrates, suspendus à la tenue d’une primaire au mois d’octobre. Les Insoumis revendiquent notamment la domination de Jean-Luc Mélenchon dans le débat à gauche et appellent les communistes et les écologistes à les rejoindre dans cette campagne.

La clarté, ça commence maintenant

Le problème à gauche est avant tout sur les valeurs. Jeudi 20 août, le ministre de l’Intérieur a défendu les gendarmes déployés lors des manifestations contre les mégabassines à Sainte-Soline en 2023, après la sortie indigne d’Olivier Faure. Le Premier secrétaire du Parti socialiste a qualifié de « voyous en uniforme » les gendarmes accusés de comportements violents lors de ces événements. La gauche qui prétendait jadis être responsable est en train de sombrer.

La crise à la direction du PS, qui aboutit au départ de Boris Vallaud et de ses amis de la direction du parti, et les militants socialistes ont désavoué jeudi 9 juillet la ligne d’Olivier Faure en optant pour une primaire plus restreinte afin de désigner leur candidat à l’élection présidentielle. Autres divisions chez les sociaux-démocrates, le groupe socialiste a décidé de ne pas soutenir la motion de censure déposée par les écologistes le 6 juillet, malgré le fait qu’Olivier Faure, le Premier secrétaire du PS, annonçait la veille qu’il voterait la motion de censure portée par les écologistes.

En raison des nouvelles étapes de la décomposition du Parti socialiste, Olivier Faure, en tant que secrétaire général, se trouve isolé et met en échec toute candidature pour prendre sa place.

La problématique qui se pose à gauche porte principalement sur les valeurs. Comment un antisémite, un partisan de tout conflit, pourrait-il être candidat à la place d’un candidat réformiste, partisan de la république ? Cette gauche est vraiment affligeante. Ils désirent un candidat unique sur du vide. C’est ce qu’on appelle faire une chute dans le vide. Il y a un manque de clarté, et quand on manque de clarté, les Français ne suivent pas.

K. M.

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