Dette publique française : les taux d’intérêt au plus haut depuis 2008 en pleine crise financière
Attention danger ? Les coûts d'emprunt français grimpent en flèche. Le rendement des obligations françaises à dix ans de référence a atteint le 18 août 4,10%, un sommet depuis novembre 2008, en plein cœur de la crise financière, quand il avait atteint 4,20%. La situation promet de se tendre encore, avec le débat budgétaire puis la campagne présidentielle. La charge d’intérêts des OAT de l'État devrait presque doubler entre 2026 et 2032
Par Karim Maloum
Publié le 20 août 2026

Sous l’effet conjugué d’un déficit public chronique et de la remontée des taux d’intérêt, la France fait face à une hausse inédite de la charge d’intérêts de sa dette publique.
Le taux d’intérêt de la dette française continue de grimper et atteint mardi 18 août des niveaux comparables à ceux de 2008, en pleine crise financière mondiale. La flambée sur fond de flambée du coût des emprunts des États sur les marchés des obligations est généralisée.
Mardi 18 août, le rendement de l’obligation assimilable au Trésor de référence à 10 ans s’est hissé au-dessus de 4,10 %. L’écart de taux avec l’Allemagne – le spread – a dépassé les 85 points de base, une altitude comparable à celles atteintes lors des chutes des gouvernements de Michel Barnier, en décembre 2024, de François Bayrou, en septembre 2025, ou de Sébastien Lecornu, en octobre 2025, avant que celui-ci ne soit renommé à Matignon.
Sous l’effet conjugué d’un déficit public chronique et de la remontée des taux d’intérêt, la France fait face à une hausse inédite de la charge d’intérêts de sa dette publique. Passée de 30 milliards d’euros en 2020 (1,3% du PIB) à 66 milliards en 2025 (2,2% du PIB), elle atteindrait environ 120 milliards en 2030 (3,5% du PIB), devenant le premier moteur du déficit public.
Ces taux reposent la question du financement de la dette de la France (117% du PIB en juillet) au moment où le ministre de l’Économie Roland Lescure a reconnu que la préparation du budget 2027 était « difficile », sur fond de pré-campagne électorale.
Le même constat s’applique sur les taux de rendement à 30 ans qui sont considérés comme le baromètre de confiance à long terme des investisseurs, ce qui traduit, par ailleurs, la confiance de moins en moins forte des investisseurs envers la soutenabilité budgétaire des États à long terme.
Le taux d’intérêt de l’Allemagne à dix ans, référence en zone euro, atteignait lui 3,26%, au plus haut depuis 2011
Les taux d’intérêt ont grimpé en général dans les grandes économies mondiales ces derniers jours, ce qui a conduit à une hausse prolongée de la dette française à cause des prix élevés du pétrole en raison de la guerre au Moyen-Orient. La perspective d’une paix au Moyen-Orient entre les États-Unis et l’Iran, ainsi que le déblocage du détroit d’Ormuz, qui représente une voie stratégique pour une partie importante du commerce mondial d’hydrocarbures, devient de plus en plus éloignée.
Il y a d’autres pays qui sont touchés par ces questions géopolitiques, à l’image des rendements des bons du Trésor américain à 30 ans qui ont atteint leur plus haut niveau depuis 2007, à plus de 5,32%.
En Europe, les taux de la France ont touché un sommet inédit depuis 2008 (pour le 30 ans, avec un 10 ans à 4,10%, au sommet depuis juin 2009).
Le taux d’intérêt de l’Allemagne à dix ans, référence en zone euro, atteignait lui 3,26%, au plus haut depuis 2011 — alors qu’elle est considérée comme la référence de la zone euro. Aux Etats-Unis, le rendement de l’obligation du Trésor américain à dix ans a atteint 4,70%, inédit depuis 2007, contre environ 3,90% fin février.
Au Royaume-Uni, les rendements des obligations d’État de même maturité approchent les 6%, et leurs équivalents japonais sont proches de leur record historique.
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