L’agriculture française souffre de la sécheresse et s’inquiète pour son avenir
La France est confrontée à une sécheresse exceptionnelle en cet été 2026, ce qui entraîne des chutes de production pour les légumes et les grandes cultures céréalières, ainsi qu'un manque de fourrage pour le bétail. Ce lundi, lors de sa visite en Gironde, le Premier ministre se penchera sur les problèmes des agriculteurs. Des « enveloppes ciblées » seront ainsi « à la main des préfets » pour « soutenir les trésoreries et la remise en production » des agriculteurs touchés.
Par Karim Maloum
Publié le 17 août 2026

Le bilan définitif sera effectué début septembre, mais à ce moment-là, il y aura une baisse de production à deux chiffres pour toutes les variétés de légumes.
C’est là tout le paradoxe : à cause du changement climatique, l’eau sera de plus en plus nécessaire pour les cultures agricoles. Cependant, il y a une diminution de sa présence dans les nappes phréatiques, les lacs et les rivières.Dans plusieurs départements, les agriculteurs n’ont pas besoin d’attendre la fin de l’été pour mesurer les dégâts des vagues de chaleur et de la sécheresse qui frappent le pays depuis le mois de mai. Ils sont en attente d’aide de la part de l’État.
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C’est que toutes les productions sont touchées. Même pour les céréales les moins affectées, les rendements pourraient baisser de 15 à 20 %. Depuis la mi-juin, il n’y a plus de pousses d’herbe par manque d’eau, et les éleveurs doivent utiliser leurs stocks hivernaux pour nourrir les animaux au pâturage. Il est possible que les producteurs connaissent une baisse de la production des prairies pouvant atteindre jusqu’à 50 %. Il est possible que les animaux soient vendus car il manque de fourrage et de trésorerie, ce qui entraîne une décapitalisation.
Le bilan définitif sera effectué début septembre, mais à ce moment-là, il y aura une baisse de production à deux chiffres pour toutes les variétés de légumes.
Cette visite du Premier ministre est aussi suivie de près. Sébastien Lecornu se rend ce lundi à Mérignac en Gironde, département durement frappé par les incendies, pour lancer officiellement la « mission reconstruction et adaptation des territoires » (Mrat), rattachée à ses services. Présent dès dimanche au Porge, « sans caméras », le premier ministre a réalisé avec le maire, un premier tour de cette commune où 183 maisons ont été détruites par l’incendie, selon son entourage.
Des « enveloppes ciblées » seront ainsi « à la main des préfets » pour « soutenir les trésoreries et la remise en production » des agriculteurs touchés. Sébastien Lecornu a en outre annoncé que le projet de budget 2027 comprendrait « des mesures de soutien et d’investissement » pour la filière agricole.
Les fruits et les légumes vont bientôt subir une augmentation de leur prix en raison de la canicule.
D’après de nombreuses études, avec l’impact du changement climatique, cette situation va se dégrader encore plus. Lorsqu’un réchauffement supplémentaire se produit, il y a une augmentation d’environ 7% de l’évaporation, ce qui aggrave à la fois la rareté de l’eau disponible et la pression sur les nappes et les rivières.
Les canicules à répétition sont également un élément à considérer dans ces augmentations des prix. « Les pertes pour certaines filières pourraient atteindre 50 % des tonnages annuels en France », alerte Légumes de France. Selon la FNSEA, « les pertes économiques atteignent près de 25 % pour les fruits et légumes frais », selon de premières estimations. A l’image de nombreuses autres filières, comme le lait ou encore les céréales.
La quasi-paralysie du détroit d’Ormuz ne fait pas seulement grimper les prix des hydrocarbures : elle fragilise aussi les agriculteurs. La hausse des prix de l’énergie qui renchérit le coût des transports. Les prix des carburants sont repartis à la hausse ces dernières semaines en raison des soubresauts de la guerre en Iran. Cette augmentation ne passe pas inaperçue.
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