Le guide de la Grande Mosquée de Paris sur l’islam en Occident épargne (cautionne) les islamistes
Les musulmans en France vivent en démocratie et jouissent de leurs libertés y compris celle de pratiquer leur religion. Ce n'est pas le cas des musulmans vivant sous des régimes totalitaires. Dans des pays où tout est dicté et imposé par les pouvoirs en place. En France, en Occident, les musulmans sont libres de pratiquer ou non leur religion. Un fait marquant : après de nombreuses années d'alerte, le rapport sur la mouvance des Frères musulmans indique une menace vis-à-vis de la République. Les musulmans sont les premières cibles des terroristes islamistes. Et la religion musulmane est la première victime. L’islam politique n’a pas un seul visage. Il en a mille. C’est une nébuleuse que même les experts ne parviennent pas à repérer. Aucune mention de ce rapport et des actes barbares perpétrés par les islamistes contre Samuel Paty, le Bataclan, Charlie Hebdo et d'autres attentats dans un guide que vient de publier la Grande mosquée de Paris sur l'islam en Occident.
Par Karim Maloum
Publié le 11 février 2026

Une bataille est livrée par l’islamisme à la République française autour du voile, mais le recteur de la Grande Mosquée de Paris ne voit pas cette bataille, donc il la cautionne.
La Grande mosquée de Paris publie, ce mardi 10 février, Musulmans en Occident, un guide de référence destiné à clarifier la place de la pratique musulmane dans les sociétés laïques, et en particulier en France. Avec 900 pages, rien ne libère l’islam de sa vision archaïque dans ce livre. Pis, il a mis la poussière sous le tapis. Circulez, il n’y a rien à voir.
Aujourd’hui, il ne suffit pas d’expliquer la religion, il faut la réformer, réformer certaines pratiques mises en avant, exploitées voire déformées par les islamistes. C’est ça qui est attendu aujourd’hui du premier responsable de la plus grande institution musulmane de France.
L’islam a besoin d’une réforme profonde pour se libérer de la version rigoriste dans l’interprétation des textes, de la charia, de la théologie en vigueur et non d’adapter le discours religieux au contexte occidental.
Musulmans en Occident a été édité chez Albouraq, une maison d’édition connue pour ses publications des Frères Musulmans et même des salafistes, qui sèment la terreur dans le monde, notamment dans les pays musulmans, comme « les principales fatwas » du Guide suprême de la République Islamique d’Iran Ali Khamenei, Sayyid Qutb l’inspirateur du djihadisme, Yusuf al-Qaradawi le théoricien du frérisme contemporain. En 2014, Albouraq a publié un livre sous le titre La voie du musulman, qui contient des propos radicaux prônant le djihad. Il a été vendu dans les magasins spécialisés ainsi que dans les rayons livres des hypermarchés. « Le djihad a pour but de comprendre et de contenir les mécréants, ennemis de l’Islam et de la communauté musulmane. C’est un devoir pour tout musulman que tous les croyants sont appelés à accomplir », peut-t-on lire dans cet ouvrage.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris essaye de noyer le poisson. Il insiste sur le fait que le jihad implique « effort » et qu’une fatwa « désigne un avis juridique ou religieux » et non, « contrairement à une idée répandue », une condamnation ou une sentence judiciaire. Qui pourrait croire à cette falsification ?
Les sujets abordés dans « le guide » de la Grande Mosquée de Paris incluent l’égalité entre les hommes et les femmes, la compatibilité entre l’islam et la science et le port du voile. Le texte souligne que le port (ou non) du voile « relève d’un choix personnel qui doit être respecté ».
Non, une femme n’est pas libre quand son corps est contraint de signifier autre chose que sa simple présence au monde. De quelle liberté parle-t-on lorsque cette liberté se paie du regard des autres, de la pression sociale, du soupçon jeté sur celles qui choisissent la nudité des cheveux ? Le voile, c’est l’étendard de l’islamisme. Une fois que l’on a admis ce postulat, il faut bien regarder ce qu’il y a derrière et, derrière le voile, il y a tout un projet de société.
Le hidjab est le cheval de bataille des islamistes en France. Bataille, c’est le cas de le dire; une bataille est livrée par l’islamisme à la République française autour du voile. Mais le recteur de la Grande Mosquée de Paris ne voit pas cette bataille, donc il la cautionne.
La laïcité, c’est la liberté de conscience. La liberté de conscience est la mère de toutes les libertés. La laïcité est le pilier central de la résistance face aux dérives idéologiques totalitaires des islamistes. Depuis 30 ans, les islamistes mènent des attaques contre la France dans le but de renforcer le communautarisme et ils ont parfois réussi, à cause de la lâcheté de certains parmi les politiques et les intellectuels.
Le recteur de la Grande Mosquée de Paris a cédé à l’islam politique. D’autres n’ont pas cédé, n’ont pas oublié que la liberté ne se négocie pas, que l’égalité n’a pas d’exception culturelle et que la fraternité n’est pas une capitulation.
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