Massacres, tortures, viols, pillages : les islamistes plongent le Soudan dans une guerre civile

Le Soudan est entré dans une guerre civile. Le Soudan est en train de vivre les premiers signes d'un génocide. Des hommes, des femmes et des enfants sont massacrés, et le monde reste silencieux. Des villes assiégées. Une famine organisée et des millions de personnes déplacées. Et cette guerre au Soudan risque de s’étendre à ses voisins déjà instables, le Tchad, la République centrafricaine, la Libye et le Sud-Soudan où les jihadistes occupent plusieurs territoires.

Par Karim Maloum

Publié le 31 octobre 2025

Massacres, tortures, viols, pillages : les islamistes plongent le Soudan dans une guerre civile

L'ONU alerte sur la situation dans la ville d’El-Fasher et ses alentours, « déjà le théâtre de niveaux catastrophiques de souffrance humaine ».

Les drones dirigés par satellite ou tout autre système d’armement de haute technologie à la pointe de l’arsenal moderne, n’ont pas cours au Soudan. Non, cette guerre est menée à coups de kalachnikovs, de machettes, de couteaux, de matraques.

Le Soudan est entré dans une guerre civile qui voit les deux anciens dirigeants s’affronter directement. Les Forces de soutien rapide (RSF), dirigées par le général Mohamed Hamdan Dogolo, dit Hemetti, ont pris la capitale du Darfour du nord après dix-huit mois de siège. Les images qui nous parviennent témoignent de massacres, de tortures et d’exécutions de civils, dans une région déjà rongée par la famine.

Le Soudan a mis fin à plus d’un quart de siècle de régime islamo-militaire en renversant en 2019 le président Omar al-Bashir, dont le pouvoir était fondé sur l’idéologie islamisme et l’application impitoyable de la puissance militaire.

Cependant, le coup d’État d’octobre 2021 mené par les forces militaires a mis fin à tous les progrès réalisés vers un régime civil, rompant par la même occasion la plupart des liens économiques et financiers du Soudan avec l’Occident.

Dans la guerre qui l’oppose aux FSR de Hemetti, l’état-major de l’armée nationale a réactivé toutes les forces parallèles, services de renseignement, milices supplétives, liées à l’ancien régime militaro-islamiste. Ces derniers sont présent dans les différentes factions.

Des combats sont en cours dans la plupart des régions du Soudan

L’ONU a alerté, ce jeudi 30 octobre, sur les « atrocités » commises dans la région soudanaise du Kordofan, voisine du Darfour où les paramilitaires des Forces de soutien rapide ont pris la ville d’El-Fasher, « déjà le théâtre de niveaux catastrophiques de souffrance humaine »

Derrière les affrontements actuels, on peut déceler la main de l’ancien régime d’Omar Al-Bachir, dont les fidèles seraient à la manœuvre. Ils n’ont jamais vraiment disparu, même si les institutions liées à l’ancien régime avaient été, après la révolution, en partie démembrées.

Les combats sont en cours dans la plupart des régions du Soudan, mais ils sont particulièrement intenses au Darfour, où se trouve la base du pouvoir d’Hemeti, mais aussi la source d’une grande partie de la base des Forces armées soudanaises.

Les islamistes ont intensifié leurs activités

De nombreux loyalistes islamistes d’Al-Bachir, connus sous le nom de keizan, occupent une place importante dans les hauts rangs de l’armée. Les loyalistes d’Al-Bachir et le parti islamiste interdit du Congrès national (NCP, qui opère désormais sous le nom de « Mouvement islamiste ») ont intensifié leurs activités. Ils sont responsables d’assassinat et de déplacement de plus de 13 millions de personnes et ont plongé la moitié de la population dans l’insécurité alimentaire.

Les affrontements tribaux de longue date dans l’ouest du Darfour se sont intensifiés avec l’effondrement de la sécurité. Khartoum a subi des pillages, des combats de rue et des bombardements aériens. C’est la guerre civile!

Toute guerre au Soudan a de fortes chances de s’étendre à ses voisins instables, tels que le Tchad, la République centrafricaine, la Libye et le Sud-Soudan ou les jihadistes occupent plusieurs territoires.

K. M.

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