Dans une lettre ouverte publiée dans Le Figaro

Les filles de Boualem Sansal écrivent à Emmanuel Macron

Les deux filles algéro-tchèques de Boualem Sansal viennent d'adresser une lettre au chef de l'État français, "dans un dernier élan d’espoir", l'exhortant à agir pour la libération de leur père. Il y a dix jours, elles avaient, dans une interview à Radio Prague International, confié avoir adressé une lettre, par l’intermédiaire de l’ambassadeur de Tchéquie à Alger, au président algérien pour lui demander de gracier leur père.

Par Christophe Rivière

Publié le 15 avril 2025

Les filles de Boualem Sansal écrivent à Emmanuel Macron

Les filles deux filles algéro-thèques de Boualem Sansal, Nawel et Sabeha.

« Après cinq mois d’un silence qui nous étreint chaque jour davantage, après cinq mois à espérer, à attendre, à croire encore en la lumière de la justice, nous nous sentons aujourd’hui obligées, en tant que filles, mais aussi en tant que citoyennes du monde libre, de nous adresser à vous. » C’est ainsi que commence une lettre ouverte des filles de Boualem Sansal, Nawel et Sabeha, à Emmanuel Macron publiée ce mardi 15 avril dans le journal Le Figaro.

« Nous écrivons, Monsieur le Président, non dans l’invective, non dans le reproche, mais dans un dernier élan d’espoir.

« Notre père, Boualem Sansal, a 80 ans, est-il souligné dans la lettre. Il est malade. Il est écrivain. Et il est enfermé. Non pas pour un crime, non pas pour une faute, mais pour ce que toute démocratie devrait chérir : ses mots, ses pensées, sa liberté ».

Nawel et Sabeha continuent avec ces mots : « Nous écrivons, Monsieur le Président, non dans l’invective, non dans le reproche, mais dans un dernier élan d’espoir. Parce que la France qu’il aime, la France qu’il n’a jamais cessé de défendre dans ses écrits, cette France-là est encore pour lui un phare. »

« L’ambassadeur tchèque à Alger, Jan Czerný, m’a contactée et m’a proposé de faire une lettre adressée directement au président Tebboune, ma sœur et moi » pour demander la grâce présidentielle, confie Sabeha, fille de Boualem Sansal, dans un entretien accordé, avec sa sœur Nawal, à Radio Prague International.

Les filles de Boualem Sansal avaient, quelque temps après l’arrestation de leur père, adressé une lettre, par l’intermédiaire de l’ambassadeur de Tchéquie à Alger, au président algérien Abdelmadjid Tebboune pour lui demander de gracier leur père.

« L’ambassadeur tchèque à Alger, Jan Czerný, m’a contactée et m’a proposé de faire une lettre adressée directement au président Tebboune, ma sœur et moi » pour demander la grâce présidentielle, confie Sabeha, fille de Boualem Sansal, dans un entretien accordé, avec sa sœur Nawal, à Radio Prague International, diffusé le 5 avril, en français. « Il a été interpellé le 16 novembre et je pense que nous avons fait cette lettre fin novembre ou début décembre», précise-t-elle. « Nous souhaitons une grâce présidentielle, parce qu’il est vieux et qu’il est malade », intervient Nawal.

L’entretien s’est déroulé en français. Nawal et Sabeha et leur mère tchèque ont vécu quelques années en Algérie. Les filles de Boualem Sansal possèdent la nationalité algérienne.

Boualem Sansal a été condamné, le 27 mars, à cinq ans de prison par le tribunal correctionnel de Dar El Beida, à Alger.

Ch. R.

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