Les chefs de partis conviés à l’Élysée : les « invités » sont restés sur leur faim
Face à une « dégradation rapide » de la situation géopolitique et à la flambée des prix du carburant « devenus insupportables », Emmanuel Macron a convié les chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale à une réunion confidentielle aujourd'hui à l'Elysée. Au terme de la réunion, qui a duré du milieu de la matinée au début de l'après-midi, les "invités" sont restés sur leur faim, la plupart d'entre eux affirmant n'avoir rien appris de nouveau ou de spécial, notamment Manuel Bompard, Bruno Retailleau, Jordan Bardella et Eric Ciotti.
Publié le 18 septembre 2026

Le président de la République a reçu ce vendredi matin les chefs des partis représentés à l'Assemblée nationale.
Le chef de l’Etat français a voulu se replacer au centre du jeu politique en réunissant, ce vendredi à l’Elysée les chefs de partis, avec à l’ordre du jour la « dégradation rapide de la situation internationale » et ses « conséquences en France sur la sécurité et l’énergie », selon les termes de la la présidence.
Au sortir de la réunion, les chefs de partis se sont exprimés devant la presse.
Manuel Bompard : « Je n’ai pas entendu de nouvelles annonces pour pouvoir faire face à l’urgence sociale »
Le coordinateur de la France Insoumise Manuel Bompard n’est pas ressorti « moins inquiet » de cette réunion à l’Elysée « puisque ce qui nous a été présenté, c’est une situation internationale durablement dégradée et un impact sur les approvisionnements énergétiques qui va durer ». Il a affirmé être venu dire au président de la République « qu’il y avait une urgence sociale ».Et de « Et je n’ai pas entendu de nouvelles annonces pour pouvoir faire face à cette urgence sociale », a-t-il
Fabien Roussel : « Agir baisser les taxes sur l’énergie »
Le secrétaire national du Parti communiste français Fabien Roussel a rapporté que le président de la République et les services de renseignement « disent en substance que le scénario d’un règlement rapide des conflits » en Ukraine et au Moyen-Orient « n’existe plus et que ces conflits risquent de s’enliser et que donc la crise risque de durer ». Il a confié ensuite avoir demandé à Emmanuel Macron et au gouvernement « d’agir baisser les taxes sur l’énergie ». déploré.
Marine Tondelier : « Nous avons des raisons d‘être inquiets »
« Nous avons des raisons d‘être inquiets, et beaucoup plus que ne le pensent certains », a lancé la secrétaire nationale du parti Les Ecologistes Marine Tondelier, expliquant que « ce que nous avons vu à Leipzig cet été, et le fait qu’il n’y ait pas eu de morts, ce n’est pas parce que la Russie était dans une phase de test mais parce que l’opération a raté ». Elles accusent « certains partis » d’être « parfois versatiles » sur les « tentatives de déstabilisation du Kremlin ».
Olivier Faure : « Nous ne devons pas être un pays exclusivement gouverné par la peur »
Le Premier secrétaire du PS Olivier Faure a indiqué que les conflits en Ukraine et en Iran allaient être amenés à durer. « Ça va supposer qu’il y ait, dans notre pays, un effort d’ajustement, un gouvernement qui le traduise dans le soutien aux Françaises et aux Français ». Olivier Faure a plaidé « pour des aides automatiques et doublées » et faire en sorte que le pouvoir d’achat des Français ne diminue pas, à mesure que la crise se prolonge. « Nous ne devons pas être un pays exclusivement gouverné par la peur », a-t-il encore déclaré.
Raphaël Glucksmann : « Nous nous trouvons dans une situation de guerre hybride »
Raphaël Glucksmann a parlé de « réunion extrêmement importante » et a mis en exergue la menace russe en ces termes : « Nous nous trouvons dans une situation de guerre hybride. Le terme de terrorisme d’Etat a été mentionné. La Russie de Vladimir Poutine considère, non seulement l’Ukraine comme son ennemie, mais l’Europe tout entière. Nous sommes l’arrière-front avec des frappes qui peuvent toucher nos pays. » Pour la crise énergétiques, il a plaidé pour des « aides beaucoup plus massives de ce qui est annoncé aujourd’hui ».
Édouard Philippe : « J’ai été frappé par le ton du président »
Edouard Philippe a jugé que « c’était une démarche utile », estimant qu’« il est nécessaire que les différents responsables politiques aient un certain nombre d’informations ». « J’ai été frappé par le ton du président », a-t-il affirmé, ajoutant partager « sa détermination à faire en sorte que la France soit prête et vigilante à ce qui viendrait contrecarrer nos intérêts ». Il a confié aussi : « Nos échanges ont essentiellement concerné la réalité sur le terrain au Moyen-Orient et en Ukraine, des conflits dont nous subissons les impacts. »
Bruno Retailleau : « Rien appris de très précis »
Le président du parti Les Républicains Bruno Retailleau a dit « n’avoir rien appris de très précis » au cours de la réunion à laquelle il a participé à l’Elysée. Avant de tempérer son propos : « Ces réunions sont quand même intéressantes. Ça permet d’avoir des échanges, parfois d’avoir telle ou telle information. »
Jordan Bardella : « Aucune réponse sur le pouvoir d’achat et les taxes sur le carburant »
Le président du Rassemblement national Jordan Bardella a demandé à Emmanuel Macron d’accepter une baisse des taxes sur les carburants, en faisant remarquer que les taxes représentent la moitié du prix à la pompe. Il a regretté que le président de la République n’ait apporté « aucune réponse sur le pouvoir d’achat et les taxes sur le carburant ». Il a dit avoir évoqué lors de la réunion « la question du pouvoir d’achat », sujet qui « a été balayée par le gouvernement ».
Eric Ciotti : « Aucune mesure n’a été posée »
Eric Ciotti a fait le constat qu’« aucune mesure n’a été posée » et a dénoncé ce qu’il a appelé « un racket fiscal », l’État profitant selon lui de la hausse des prix du carburant, la TVA étant calculée sur l’ensemble du prix, les taxes comprises.
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