Le hirak par le vide !

Les législatives du 2 juillet ont établi un record absolu d’abstention : près de 80 % selon des chiffres officiels que plus personne ne croit, de 90 à 95 % selon plusieurs sources algériennes. Ce n’est pas une panne civique, nous sommes bel et bien devant un acte politique.

Par Mohamed Sifaoui

Publié le 7 juillet 2026

Décembre 2019 : Abdelmadjid Tebboune est « élu », grâce à la fraude, avec moins de 40 % de participation.

Ce 2 juillet, l’Algérie a réussi une prouesse rare dans les annales électorales : organiser un scrutin national dont le grand vainqueur est le vide. Un vide sidéral. Jeudi soir, « l’Autorité nationale indépendante des élections », indépendante surtout de la réalité, annonçait 20,79 % de participation. Cette institution dirigée par le régime a donné ce chiffre provisoire, avant de le faire bouger, vers le haut, naturellement. Lundi, le voici fixé à 21,24 %, le plus bas de l’histoire du pays. Officiellement. Le représentant de l’ANIE a cru bon d’ajouter que l’abstention n’était pas une « spécificité algérienne », risquant la comparaison avec les vieilles démocraties européennes, avant de se féliciter de la transparence du scrutin. Il fallait oser. Enfin, ce n’est pas la première fois que ces gens-là osent tout, c’est d’ailleurs à cela qu’on les reconnait.

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