Le secteur outré

« J’ai encore fait bondir les gamers » : Emmanuel Macron clarifie sa position sur l’interdiction de certains jeux vidéo aux mineurs

Les jeux vidéo participent-ils à la violence qui gangrène la société française? Le chef de l'État s'est expliqué samedi sur ses intentions, après avoir « vu beaucoup d'incompréhensions » à la suite de son annonce d'une régulation des jeux vidéo, dans une interview au média Brut. Dans un long message publié ce samedi 7 février sur X, le président de la République réaffirme son soutien au jeu vidéo et à l’esport français, tout en appelant à un "débat scientifique" sur les effets de certains usages chez les plus jeunes. Plusieurs études publiées sur le sujet n’établissent pourtant aucun lien entre violence et pratique du jeu vidéo.

Par Karim Maloum

Publié le 7 février 2026

« J’ai encore fait bondir les gamers » : Emmanuel Macron clarifie sa position sur l’interdiction de certains jeux vidéo aux mineurs

Le chef de l'Etat avait annoncé avoir demandé à des experts d'étudier d'ici mai-juin les dangers des jeux vidéos pour la santé mentale des jeunes.

Vers une interdiction des jeux vidéo pour les mineurs en France ? Une attaque en règle contre les jeux vidéo : c’est ce à quoi le président Emmanuel Macron s’est livré, jeudi 5 février, dans une interview accordée à Brut.

« La violence qui s’installe dans la société chez les plus jeunes, elle est aussi liée au fait que les enfants, les adolescents, sont beaucoup plus exposés à la violence dans des vidéos qu’ils vont voir sur les réseaux sociaux ou dans les jeux vidéo qu’ils vont faire », a déclaré le président de la République.

Le président met un peu d’eau dans son vin. Ce samedi 7 février, Emmanuel Macron a reconnu les incompréhensions suscitées par ses récentes déclarations, notamment sur Brut, à propos des jeux vidéo. Face aux critiques, le chef de l’État a affirmé vouloir “être clair”, estimant que ses propos avaient suscité « beaucoup d’incompréhensions ». « J’ai encore fait bondir les gamers… », a-t-il écrit.

Le chef de l’État avait annoncé avoir demandé à des experts d’étudier d’ici mai-juin les dangers des jeux vidéos pour la santé mentale des jeunes dans une interview au média Brut. « Ce que j’ai annoncé chez Brut : ce n’est pas l’interdiction des jeux vidéo : c’est le lancement d’un travail scientifique, collégial, pour regarder la réalité en face », clarifie-t-il ce samedi.

Avec ce projet, Emmanuel Macron ressort un vieux serpent de mer qui a déjà beaucoup fait couler d’encre

Tout en réaffirmant sa fierté face aux « pépites françaises » du secteur avec une « influence mondiale », le chef de l’État a posé une question qu’il juge essentielle : celle des effets de certains contenus et usages sur les plus jeunes. Il dit s’être appuyé sur le constat de nombreux parents, évoquant des jeunes qui jouaient jour et nuit, ainsi que l’accès de mineurs à des jeux classés PEGI 18.

Pour Emmanuel Macron, ces pratiques soulèvent des enjeux de santé physique, notamment pour la vue, mais aussi de santé mentale et de socialisation. « Quand un jeune ne sort plus du tout car il joue abusivement, bien sûr que cela inquiète et nous devons nous en saisir » a-t-il illustré. 

Avec ce projet, Emmanuel Macron ressort un vieux serpent de mer qui a déjà beaucoup fait couler d’encre. Une déclaration que fustige le Syndicat des éditeurs de logiciels de loisir (Sell), alors que les 28 membres de l’équipe du jeu Clair Obscur Expédition 33 étaient élevés jeudi au rang de chevaliers des arts et des lettres par la ministre de la Culture, Rachida Dati : «On ne peut pas se féliciter des succès du jeu vidéo français le matin, décorer et célébrer le secteur le midi, dénigrer et insulter la première industrie créative et culturelle de ce pays le soir», a commenté le délégué général, Nicolas Vignolles.

Le communiqué du Sell affirme également que «la littérature scientifique abondante a clairement démontré qu’il n’ y a pas de corrélation entre pratique du jeu vidéo et violence».

Et tranche ensuite en expliquant que malgré cela, il est de son devoir de poser la question : « Quels sont les effets de certains contenus et de certains usages sur les plus jeunes ? ». Il a affirmé qu’il était possible d’aimer le jeu vidéo, d’en « être fier », tout en analysant « sans tabou certaines pratiques et leurs effets ». Une position qu’il présente comme un exercice de « responsabilité politique, éducative et sanitaire. »

K. M.

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